Principaux renseignements
- Le rapport « War Watch » révèle une vérité dévastatrice : les conflits contemporains violent systématiquement le droit international humanitaire.
- Malgré l’existence de traités visant à protéger les civils en temps de guerre, les violences qui se poursuivent dans des régions comme Gaza et l’Ukraine mettent en évidence l’insuffisance alarmante de ces cadres juridiques.
- Afin de combler le fossé entre les obligations découlant des traités et la réalité, le rapport préconise des mesures plus strictes, telles que l’interdiction de vendre des armes aux pays qui violent le droit international.
Une étude approfondie portant sur 23 conflits armés au cours des 18 derniers mois, rapportée par The Guardian, dresse un tableau sombre de l’efficacité du droit international pour atténuer les horreurs de la guerre. L’Académie de droit international humanitaire et de droits humains de Genève, auteur du rapport « War Watch », révèle que le nombre de victimes civiles a dépassé les 100 000 chaque année, tandis que les atrocités telles que la torture et le viol se poursuivent dans une impunité alarmante.
Exemples tragiques
L’étude met en évidence des tragédies spécifiques : la mort de plus de 18 500 enfants à Gaza lors des attaques incessantes d’Israël, l’escalade du nombre de victimes civiles en Ukraine en raison des frappes délibérées de drones russes, et une « épidémie » de violences sexuelles contre les femmes et les filles en République démocratique du Congo. Ces violations généralisées soulignent un tournant critique pour le droit international humanitaire.
Stuart Casey-Maslen, auteur principal du rapport, avertit que l’inaction conduira à l’érosion de ces cadres juridiques essentiels. Alors que les lois relatives aux conflits armés ont été établies après la Seconde Guerre mondiale dans le but de protéger les civils, « War Watch » démontre leur insuffisance dans les conflits contemporains.
Violences persistantes malgré les traités
L’étude remet en question les affirmations selon lesquelles les conflits ont été résolus avec succès, citant les violences persistantes et les morts de civils à Gaza, même après la déclaration d’un cessez-le-feu. La situation en Ukraine s’est considérablement détériorée, avec une augmentation de 70 pour cent du nombre de victimes civiles par rapport à l’année précédente.
Les violences sexuelles apparaissent comme une tendance effrayante dans de nombreux conflits. En République démocratique du Congo, presque toutes les parties ont commis ces atrocités, qui touchent des victimes de tous âges. Le Soudan a connu des atrocités similaires après la prise de contrôle d’El Fasher par les rebelles, les survivants rapportant des viols collectifs durant des heures, voire des jours, souvent infligés en présence de membres de leur famille.
Combler le fossé
Les auteurs de « War Watch » affirment qu’il existe un fossé croissant entre les obligations découlant des traités et la réalité sur le terrain, ce qui conduit à une impunité accrue pour les crimes de guerre. Ils proposent plusieurs mesures de protection : interdire la vente d’armes aux pays où celles-ci sont susceptibles d’être utilisées pour commettre des violations ; interdire l’utilisation d’armes imprécises dans les zones peuplées ; et garantir la poursuite systématique des crimes de guerre avec un soutien adéquat aux tribunaux internationaux tels que la Cour pénale internationale.
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(ns)

