Le directrice générale du FMI met en garde contre le risque de stagflation lié au conflit en Iran


Principaux renseignements

  • Le conflit en cours en Iran a gravement perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales, entraînant une hausse de l’inflation et un ralentissement de la croissance. C’est ce qu’affirme Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
  • La stagflation, période de croissance économique stagnante associée à une inflation élevée, est une préoccupation croissante pour l’économie mondiale.
  • Les décisions politiques telles que les droits de douane et les restrictions en matière d’immigration exacerbent le ralentissement économique actuel.

Georgieva met en garde contre une période difficile qui s’annonce pour l’économie mondiale, marquée par une inflation en hausse et une croissance en baisse. Ces perspectives sombres découlent du conflit en cours en Iran, qui a provoqué des ondes de choc dans le système économique mondial.

La guerre perturbe les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales

Avant la guerre, le FMI avait prévu une légère amélioration de la croissance mondiale, tablant sur des taux de 3,3 pour cent en 2026 et de 3,2 pour cent en 2027. Cependant, la situation a radicalement changé depuis le début du conflit il y a six semaines, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran. La fermeture effective du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, a gravement perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales.

Si le trafic maritime dans le détroit a lentement repris, les volumes de trafic restent nettement inférieurs aux niveaux d’avant-guerre. Cette réduction de l’approvisionnement en pétrole, estimée à 13 pour cent par le FMI, a eu un impact profond sur l’économie mondiale, touchant particulièrement les nations les plus pauvres disposant de réserves limitées. Georgieva souligne l’incertitude accrue à laquelle le monde est confronté aujourd’hui, citant non seulement les tensions géopolitiques, mais aussi les avancées technologiques, les chocs climatiques et les changements démographiques comme facteurs contributifs.

Inquiétudes concernant la stagflation

La combinaison de la hausse des prix et du ralentissement de la croissance suscite des inquiétudes quant à un retour à la « stagflation », une période caractérisée par une croissance économique stagnante associée à une inflation élevée. Cette question devrait être au cœur des discussions lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI la semaine prochaine, où Georgieva prononcera un discours jeudi.

Des économistes tels que Mark Zandi, de Moody’s Analytics, s’accordent à dire que la trajectoire actuelle pointe vers la stagflation, sous l’effet de décisions politiques telles que les droits de douane et les restrictions en matière d’immigration. (fc)

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