Le déficit budgétaire de l’Italie dépasse à nouveau le seuil fixé par l’UE


Principaux renseignements

  • En 2025, le déficit budgétaire de l’Italie a de nouveau dépassé la limite de 3 pour cent fixée par l’UE.
  • Les pays dont le déficit budgétaire est trop élevé font l’objet d’une surveillance plus stricte de la part de Bruxelles et s’exposent à des amendes s’ils n’atteignent pas les objectifs budgétaires convenus.
  • Les inquiétudes des investisseurs s’intensifient, comme en témoigne l’élargissement de l’écart entre les rendements des obligations italiennes et allemandes.

Le déficit budgétaire de l’Italie s’élevait l’année dernière à 3,1 pour cent du produit intérieur brut, dépassant ainsi la limite de 3 pour cent fixée par l’Union européenne. Cela représente un revers de taille pour la Première ministre Giorgia Meloni, qui s’était fixé pour objectif de sortir l’Italie de la liste noire européenne.

Le déficit reste au-dessus du seuil

Bien que le déficit se soit légèrement amélioré par rapport aux 3,4 pour cent de l’année précédente, il reste au-dessus du seuil fixé par l’UE. La confirmation officielle de la Commission européenne est attendue en juin.

Meloni et le ministre des Finances Giancarlo Giorgetti avaient travaillé d’arrache-pied pour contrôler les dépenses, dans l’espoir de sortir du régime de surveillance des déficits élevés. Cela aurait permis à l’Italie de disposer d’une plus grande flexibilité pour augmenter ses dépenses de défense, s’alignant ainsi sur l’objectif de 5 pour cent du PIB fixé par l’OTAN.

Surveillance stricte et amendes potentielles

Les pays soumis à la procédure pour déficit excessif (PDE) font l’objet d’une surveillance plus stricte de la part de Bruxelles et s’exposent à des amendes s’ils ne respectent pas les objectifs budgétaires convenus. Plusieurs pays de l’UE, dont la France, la Belgique, la Pologne et l’Autriche, enfreignent également actuellement les règles en matière de déficit.

La guerre en cours en Iran complique les efforts de l’Italie pour assainir ses finances. Les répercussions économiques du conflit pourraient entraver davantage les progrès de l’Italie. Le gouvernement devrait revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2024, qui pourraient descendre jusqu’à 0,5 pour cent.

La guerre menace l’expansion économique

Une guerre prolongée pourrait affaiblir davantage l’expansion économique de l’Italie et maintenir le déficit au-dessus de 3 pour cent, compromettant ainsi sa sortie de la procédure pour déficit excessif (PDE).

Malgré ces défis, Meloni a reçu des évaluations positives de la part des agences de notation pour sa gestion budgétaire. Moody’s Ratings a même relevé la note de l’Italie l’année dernière, marquant la première révision à la hausse de ce type depuis plus de deux décennies. Cependant, Moody’s a averti qu’une guerre prolongée aurait un impact négatif sur l’économie italienne, compte tenu de sa forte dépendance vis-à-vis des importations d’énergie en provenance de la région du Golfe.

Les inquiétudes des investisseurs se sont récemment intensifiées, comme en témoigne l’élargissement de l’écart entre les rendements des obligations italiennes et allemandes à 10 ans. Cet écart a dépassé les 100 points de base ces dernières semaines, laissant présager une hausse potentielle des coûts d’emprunt de l’Italie. (fc)

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