Le décret gouvernance fait peur à Publifin/Nethys, qui envisagerait d’introduire un recours…

Quand la bonne gouvernance se heurte à la réalité. Le Conseil d’administration de Nethys/Publifin veut faire tomber le décret gouvernance. Il s’en méfie comme de la peste car il mettrait à mal leur activité et leur salaire. Ce décret est pourtant le fruit de la commission parlementaire sur l’intercommunale.

Le décret gouvernance a été voté le 29 mars dernier. Il entend réduire le nombre d’administrateurs des intercommunales et plafonner leurs rémunérations en dessous de 245.000 euros (pour les hauts cadres). Le texte, porté par la ministre des Pouvoirs locaux Valérie De Bue (MR), veut aussi éviter les conflits d’intérêts en apportant plus de transparence dans la publication des mandats.

Le décret gouvernance inquiète

Souci: le texte comportait « des coquilles dans la retranscription des services du greffe ». Il a dû être revoté en urgence mercredi. Il s’agit d’un simple ajustement technique. Le texte adopté mercredi est le même, les erreurs juridiques en moins. Le décret devrait vite être publié dans le Moniteur et entrer en application. La majorité wallonne serait bien toutefois passée d’un tel contretemps.

Car le conseil d’administration de Finanpart, filiale du groupe Publifin/Nethys veut en profiter pour mettre des bâtons dans les roues du décret. Selon La Meuse, plusieurs administrateurs veulent introduire un recours contre le décret gouvernance. Une étude de faisabilité juridique est même en cours. PS et CDH ont voté pour, MR et Ecolo ont voté contre. Un administrateur socialiste néanmoins s’est abstenu.

Qu’est-ce qu’il leur pose problème: d’abord le trop grand pouvoir de décision de la Région wallonne sur le groupe Nethys. Ensuite le manque de compétitivité que pourrait induire le plafond de 245.000 euros pour les hauts cadres. 

Les administrateurs veulent mettre les voiles

Le même conseil d’administration entend aussi « ne pas verser de dividendes pour l’exercice 2017 » aux communes, principales actionnaires du groupe, explique un administrateur au journal Le Soir. Pourquoi? Pour payer les indemnités de départ des 21 personnes qui dépassent le fameux plafond de 245.000 euros.

La plupart de ces administrateurs ne s’accommodent pas de cette nouvelle règle du gouvernement wallon et veulent déguerpir. Ces dividendes pourraient faire office de provision. On parle quand même de 20 millions d’euros.

Mais les communes ont finalement refusé, cet argent leur étant indispensable. La bonne gouvernance, qui est mise à toutes les sauces, a bien du mal à se mettre en place.