Principaux renseignements
- Le conflit actuel au Moyen-Orient menace la croissance économique de la Chine en risquant de perturber l’approvisionnement énergétique et les routes maritimes.
- Les relations pragmatiques de la Chine avec l’Iran privilégient les avantages économiques plutôt que l’alignement idéologique, ce qui limite sa capacité à protéger efficacement ses alliés.
- La Chine entend tirer parti de l’impact mondial du conflit pour se positionner comme une alternative stable au leadership américain, tout en cherchant à négocier une résolution pacifique.
Le conflit actuel au Moyen-Orient n’a pas encore eu d’impact direct sur la Chine, mais ses répercussions se font déjà sentir. C’est ainsi que la BBC analyse. Si la Chine dispose de réserves de pétrole suffisantes pour plusieurs mois et pourrait potentiellement se tourner vers la Russie pour obtenir de l’aide, les conséquences à long terme de ce conflit sont une préoccupation majeure pour le pays. Alors que des milliers de délégués du Parti communiste se réunissent à Pékin pour discuter de la feuille de route économique de la Chine, le pays est confronté à une faible consommation, à une crise immobilière et à une dette importante.
Incertitudes économiques
Malgré la révision à la baisse de son objectif de croissance économique annuelle, qui atteint son niveau le plus bas depuis des décennies, la Chine espérait surmonter ses difficultés économiques grâce aux exportations. Cependant, la guerre commerciale qui dure depuis un an avec les États-Unis et l’instabilité potentielle au Moyen-Orient, une région cruciale tant pour l’approvisionnement en énergie que pour les routes maritimes, menacent de compromettre ces aspirations.
Plus le conflit persiste, en particulier si le trafic dans le détroit d’Ormuz reste perturbé, plus les conséquences pour la Chine seront graves. Cette instabilité pourrait se propager et affecter d’autres régions importantes pour la Chine, telles que les économies africaines qui dépendent fortement des investissements du Golfe.
Les préoccupations mondiales de la Chine
En tant que nation présente à l’échelle mondiale, la Chine est parfaitement consciente que l’instabilité croissante pourrait nuire à ses intérêts généraux. Bien que la Chine cherche à éviter de s’impliquer dans le conflit, elle reconnaît le caractère imprévisible de la situation.
Les relations entre la Chine et l’Iran, souvent qualifiées d’« alliance » par l’Occident, ont été largement transactionnelles. Malgré des échanges amicaux et un partenariat stratégique de 25 ans, les analystes suggèrent que seule une fraction des investissements chinois promis s’est concrétisée. Néanmoins, l’Iran est resté un fournisseur de pétrole fiable pour la Chine, avec des volumes importants qui auraient été dissimulés sous le nom de pétrole malaisien.
Partenariat pragmatique
Les allégations de ventes d’armes entre les deux pays persistent, malgré les démentis de la Chine. Des inquiétudes ont également été exprimées quant au rôle potentiel de la Chine dans les violations des droits de l’homme commises par l’Iran, par le biais de la fourniture de technologies de surveillance.
Si la Chine a pu tirer profit du rôle de l’Iran en tant que bête noire des États-Unis, cette relation manquait toutefois de fondements idéologiques ou culturels solides. L’approche de Pékin en matière d’« alliances » diffère considérablement de celle de l’Occident, privilégiant le pragmatisme aux traités de défense mutuelle.
Appels à la neutralité
La condamnation modérée par la Chine du récent conflit et son appel à un cessez-le-feu reflètent son désir de rester neutre. Cependant, la situation met en évidence les limites des partenariats de la Chine, qui se trouve en marge, incapable de protéger efficacement ses alliés.
Malgré ces défis, la Chine cherche à se positionner comme un contrepoids responsable aux États-Unis, en prônant un ordre mondial stable et prévisible, contrairement à l’imprévisibilité perçue de l’administration Trump.
Une occasion d’exercer son influence
Les répercussions économiques du conflit, en particulier pour les pays du Sud, offrent à la Chine l’occasion de mettre en évidence les lacunes de l’ordre international dirigé par l’Occident.
Tout en agissant avec prudence, la Chine cherche également à tirer parti de la situation en proposant ses services de médiation. Cependant, le caractère imprévisible du président américain reste une préoccupation majeure.
La visite prochaine du président américain en Chine ajoute une couche supplémentaire de complexité, les deux parties cherchant potentiellement à évaluer les intentions et les réactions de l’autre face aux futurs points chauds.
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