Principaux renseignements
- Cheng Li-wun, présidente du Kuomintang (KMT) de Taïwan, a accepté une invitation à se rendre en Chine en avril.
- Cette visite historique vise à favoriser des relations pacifiques entre les deux rives du détroit et à promouvoir le dialogue entre Taïwan et la Chine.
- Cheng estime que ses rencontres avec les dirigeants chinois peuvent contribuer à jeter les bases d’une paix durable dans le détroit de Taïwan.
La présidente du principal parti d’opposition de Taïwan, le Kuomintang (KMT), a accepté une invitation du président chinois Xi Jinping pour se rendre en Chine en avril. Cheng Li-wun, qui a pris ses fonctions de présidente du KMT en novembre, a clairement exprimé son souhait de rencontrer Xi avant d’entreprendre un voyage officiel aux États-Unis. Cette position a suscité des critiques tant au sein de son parti qu’à l’extérieur, certains l’accusant d’être trop favorable à la Chine.
Le KMT souhaite de meilleures relations avec la Chine
Le KMT prône un resserrement des liens et une intensification des échanges avec la Chine. Cheng a déclaré « accepter avec plaisir » l’invitation et a souligné l’importance d’efforts conjoints pour favoriser des relations pacifiques entre les deux rives du détroit, promouvoir les échanges et la coopération, et œuvrer en fin de compte à la paix dans le détroit de Taiwan. Les médias d’État chinois ont révélé que la délégation se rendrait dans la province du Jiangsu, à Shanghai et à Pékin du 7 au 12 avril, mais n’ont pas confirmé si Cheng rencontrerait Xi Jinping. Cheng a elle-même déclaré espérer que cette visite démontrerait que « la guerre n’est pas une issue inévitable pour les deux rives du détroit ».
Première visite depuis 2016
Il s’agit de la première visite en Chine d’une présidente en exercice du KMT depuis novembre 2016, lorsque Hung Hsiu-chu avait rencontré Xi à Pékin. Cependant, certains au sein du KMT craignent qu’une rencontre entre Cheng et Xi n’ait un impact négatif sur le sentiment des électeurs à l’approche des élections locales taïwanaises prévues plus tard cette année.
Cheng a été accusé par le Parti démocratique progressiste (PDP) au pouvoir, dirigé par le président Lai Ching-te, de s’aligner sur les intérêts de Pékin en retardant les plans de dépenses de défense du gouvernement. Néanmoins, Cheng soutient que les discussions avec Xi revêtent une « importance symbolique significative » et pourraient servir de « fondement » à des relations pacifiques de part et d’autre du détroit de Taiwan.
Optimisme quant au dialogue avec la Chine
Tout en reconnaissant qu’une seule rencontre ne peut résoudre des problèmes accumulés depuis des décennies, Cheng s’est montré optimiste quant à la possibilité de jeter des ponts par le dialogue. Le parlement taïwanais débat actuellement de propositions de dépenses spéciales de défense visant à renforcer les capacités militaires de l’île face à une éventuelle agression chinoise.
Le gouvernement de Lai a proposé 1,25 billion de nouveaux dollars taïwanais (37 milliards d’euros) pour des achats de défense essentiels, notamment des armes américaines, tandis que le KMT préconise d’allouer 380 milliards de nouveaux dollars taïwanais (11 milliards d’euros) à l’armement américain, avec la possibilité d’acquisitions supplémentaires.
Débat interne sur les dépenses de défense
Les divisions internes au sein du KMT concernant les dépenses de défense sont évidentes, car certains législateurs réclament un budget nettement supérieur à celui proposé par le parti. Lu Shiow-yen, maire de Taichung et candidate potentielle du KMT à la présidence en 2028, a récemment suggéré que le montant alloué se situe entre 800 milliards et 1 000 milliards de nouveaux dollars taïwanais (24 à 30 milliards d’euros). Le prochain voyage de Cheng en Chine coïncide avec la visite à Taïwan d’une délégation bipartisane du Congrès américain, ce qui intensifie encore la pression en faveur d’une augmentation des dépenses militaires. (fc)
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