Le candidat à la présidence de la Fed propose de réduire considérablement le bilan


Principaux renseignements

  • Kevin Warsh préconise une réduction significative du bilan de la Réserve fédérale.
  • La réduction du bilan présente des défis considérables, car elle a un impact sur la stabilité des marchés, les objectifs de politique monétaire et les coûts d’emprunt à court terme.
  • D’autres stratégies, telles que l’allègement des contraintes réglementaires pesant sur les banques, pourraient offrir des pistes pour réduire la taille du bilan sans recourir à des mesures drastiques.

Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Réserve fédérale, préconise une réduction substantielle du bilan massif de la banque centrale. Cependant, les experts avertissent que la réalisation de cet objectif présente des défis importants en raison de la complexité des marchés financiers et de la politique monétaire. C’est ce qu’écrit l’agence de presse Reuters.

Naviguer entre deux maux

Réduire les avoirs de la Fed tout en maintenant la stabilité du marché et en atteignant ses objectifs monétaires est un exercice délicat. Cela devient encore plus complexe si M. Warsh cherche à réduire les coûts d’emprunt à court terme, car la réduction des avoirs obligataires resserre effectivement les conditions financières.

S’appuyant sur son expérience antérieure en tant que gouverneur de la Fed, Warsh affirme que la taille actuelle du bilan fausse les finances économiques. Il propose de réduire considérablement ces avoirs et de réaffecter les recettes pour soutenir les ménages et les petites entreprises grâce à des taux d’intérêt plus bas.

Réduire le bilan dans un contexte en mutation

Son appel à la réduction du bilan intervient alors que la Fed achève son effort de trois ans visant à réduire les avoirs obligataires acquis pendant la pandémie de COVID-19. Ces achats visaient initialement à stabiliser les marchés, mais ont finalement servi de mesure de relance économique.

Les achats effectués pendant la crise ont doublé la taille du portefeuille de la Fed, qui est passé à 9 000 milliards de dollars (7 600 milliards d’euros), avant d’être ramené à 6 600 milliards de dollars (5 600 milliards d’euros) d’ici la fin 2025 grâce à un resserrement quantitatif (QT). Cependant, la Fed a récemment repris ses achats de bons du Trésor afin de garantir une liquidité suffisante dans le système financier et de maintenir le contrôle sur sa fourchette de taux d’intérêt cible.

Instruments permettant d’influencer les taux d’intérêt

Le bilan est devenu un outil standard de la politique monétaire, particulièrement crucial lorsque les taux à court terme approchent de zéro en période de ralentissement économique. La Fed a mis au point un système complexe d’outils pour gérer les taux d’intérêt.

Les analystes soulignent que les banques dépendent du niveau actuel des réserves et qu’une réduction significative de celles-ci pourrait entraîner une volatilité des taux du marché monétaire, entravant la capacité de la Fed à contrôler son taux cible.

Rechercher un consensus

En outre, tout changement majeur nécessiterait un consensus parmi les autres décideurs politiques de la Fed, qui soutiennent largement l’utilisation du bilan comme outil politique et pourraient s’opposer à toute tentative de modifier cette approche.

Bien que des réductions drastiques soient peu probables, les analystes suggèrent que Warsh pourrait explorer d’autres stratégies pour réduire l’empreinte de la Fed. Il s’agit notamment d’alléger les contraintes réglementaires pesant sur la gestion de la liquidité des banques et de rendre les facilités de liquidité de la Fed plus attrayantes, ce qui pourrait réduire la demande de réserves. (uv)

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(ns)

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