Le Canada perd emplois et entrepreneurs : les inquiétudes économiques s’accumulent


Principaux renseignements

  • Le Canada est confronté à des pertes d’emplois, en particulier dans les postes à temps partiel, ce qui fait grimper le taux de chômage à un sommet de neuf ans.
  • Le ralentissement de la création d’emplois et le déclin de l’esprit d’entreprise sont le signe de difficultés plus profondes au sein de l’économie canadienne.
  • Le déclin de l’esprit d’entreprise suscite des inquiétudes, car les nouvelles entreprises sont essentielles à l’innovation et à la croissance économique.

L’économie canadienne est confrontée à un certain nombre de défis préoccupants, comme en témoignent les récentes statistiques du marché de l’emploi. Le mois d’août a été marqué par une forte hausse du chômage, qui a atteint un pic de neuf ans, si l’on exclut les années de pandémie. La perte de 65 500 emplois, principalement des postes à temps partiel, a alimenté les attentes d’une réduction des taux d’intérêt par la Banque du Canada.

Ces chiffres mettent en évidence l’impact continu des politiques commerciales américaines sur des secteurs canadiens clés tels que les transports et la fabrication. L’augmentation des droits de douane a entraîné une certaine prudence dans les décisions d’embauche et d’investissement, et des pertes d’emplois notables ont également été observées dans les services professionnels, scientifiques et techniques.

Incertitude dans un contexte de ralentissement économique

Malgré une modeste augmentation de 3,6 pour cent du salaire horaire moyen en août, les analystes et les investisseurs restent sur leurs gardes en raison du ralentissement économique général. Cette incertitude influence considérablement les marchés des devises et des obligations.

Les chiffres du mois d’août ne représentent qu’une facette des problèmes plus profonds qui affectent l’économie canadienne. Il s’agit notamment d’un ralentissement persistant de la création d’emplois, d’une faiblesse persistante dans des secteurs cruciaux et d’un déclin inquiétant de l’esprit d’entreprise.

Les pertes d’emplois se poursuivent

Ces défis s’inscrivent dans un contexte de hausses tarifaires sans précédent, de tensions géopolitiques persistantes et de stagnation de l’économie canadienne. Entre juin et juillet, l’emploi a diminué de 40 000, les pertes étant concentrées dans les postes à temps plein du secteur privé. En juillet, l’emploi total était à peine plus élevé qu’en janvier, en données corrigées des variations saisonnières. L’industrie manufacturière et la construction font partie des secteurs qui ont connu d’importantes baisses d’emploi jusqu’à présent en 2025.

Alors que la croissance de l’emploi en glissement annuel affiche une augmentation de 1,5 pour cent entre juillet 2024 et juillet 2025, le rythme de création d’emplois d’un mois sur l’autre s’est ralenti. Le taux de chômage n’a cessé d’augmenter, atteignant 6,9 pour cent au niveau national en juillet, contre 5,7 pour cent dix-huit mois plus tôt. Les taux de vacance d’emploi ont également diminué.

Les jeunes adultes sont touchés de manière disproportionnée

Les jeunes adultes sont affectés de manière disproportionnée par les difficultés du marché du travail canadien. Étonnamment, bien que l’économie se dirige vers une récession, le gouvernement fédéral continue d’admettre un grand nombre de travailleurs étrangers temporaires.

Une analyse plus approfondie des données sur l’emploi révèle des tendances dans trois grandes catégories : les emplois salariés du secteur privé, les emplois du secteur public et le travail indépendant. Depuis le début de l’année 2019, les emplois du secteur public ont augmenté de près de 25 pour cent, tandis que les postes de salariés du secteur privé ont progressé de 10 pour cent. À l’inverse, le nombre de travailleurs indépendants canadiens a diminué au cours de la même période, ce qui suggère une détérioration de l’environnement de l’entrepreneuriat dans le pays.

Déclin de l’esprit d’entreprise

Ce déclin de l’esprit d’entreprise est inquiétant, car les entrepreneurs et les entreprises en phase de démarrage sont essentiels à une économie de marché dynamique. Les économistes reconnaissent qu’une économie prospère se caractérise par un taux élevé de création d’entreprises. Les nouvelles entreprises sont des sources cruciales d’innovation, d’idées nouvelles et de vigueur concurrentielle, tant au niveau local que national. Cet aspect est particulièrement important pour le Canada, compte tenu des années de croissance modérée des entreprises et de la prévalence des monopoles dans divers secteurs.

L’accélération de la création d’entreprises devrait être une priorité absolue pour les gouvernements à tous les niveaux. Il est également essentiel de soutenir la réussite des jeunes entreprises existantes en raison de leur contribution significative à la croissance économique globale. L’esprit d’entreprise comporte intrinsèquement des risques, de nombreuses nouvelles entreprises ne parvenant pas à survivre. Dans le secteur canadien de la production de biens, environ 70 pour cent des nouvelles entreprises survivent pendant au moins cinq ans, alors que ce taux est plus faible dans le secteur de la production de services (56 pour cent). Le taux de survie à dix ans est d’environ 50 pour cent dans les industries de production de biens et de seulement 35 pour cent dans les industries de services.

Le Canada a un besoin urgent d’un plus grand nombre d’entreprises à forte croissance afin de constituer un solide vivier de nouvelles entreprises. Malheureusement, le taux de création d’entreprises a diminué, le Canada comptant environ 100 000 entrepreneurs de moins qu’il y a vingt ans, malgré une croissance démographique importante

Plus