Le boom pétrolier russe ne parvient pas à stimuler une croissance économique significative


Principaux renseignements

  • La hausse des prix du pétrole profitera au rouble russe, mais ne stimulera pas une croissance économique substantielle.
  • La Russie est confrontée à des défis logistiques pour l’exportation de son pétrole en raison des perturbations causées par le conflit en cours.
  • La baisse des recettes fiscales liées au pétrole démontre la fragilité de l’économie russe.

Malgré la flambée des prix du pétrole, l’économie russe continue de faire face à des obstacles importants. Le CMAKP, une institution soutenue par le Kremlin, a revu ses prévisions économiques à la hausse, prévoyant que le prix moyen à l’exportation du pétrole de l’Oural atteindra 81,6 dollars le baril cette année, bien au-dessus du chiffre budgété de 59 dollars. Cette augmentation est attribuée au conflit en cours et à son impact sur les marchés des matières premières.

Une croissance limitée malgré la hausse des prix du pétrole

Si l’afflux de pétrodollars résultant de la hausse des prix du pétrole renforcera le rouble, le CMAKP prévoit une croissance économique limitée, avec un taux ne dépassant pas 1,3 pour cent pour l’année.

La Banque centrale de Russie exprime également ses inquiétudes quant à un scénario potentiel de « syndrome hollandais », dans lequel l’appréciation de la monnaie profite principalement à quelques secteurs d’activité restreints et a un impact minime sur l’économie dans son ensemble.

Perturbations des exportation de pétrole

D’autres défis découlent des perturbations de la capacité d’exportation de pétrole de la Russie. Les attaques ukrainiennes contre les ports et les raffineries auraient réduit les exportations de près de 20 pour cent, ce qui pourrait nécessiter des réductions de production en raison de la surcharge des infrastructures et de l’accumulation des réserves.

Les ports pétroliers de Primorsk et d’Oust-Louga, par exemple, ont connu d’importantes limitations opérationnelles au cours de la seconde moitié du mois de mars en raison d’attaques de drones, entraînant des pertes substantielles en capacité de stockage.

La baisse des recettes

L’impact de ces perturbations se traduit clairement par une baisse des recettes. Les producteurs de pétrole russes ont versé 6,18 milliards de dollars (5,35 milliards d’euros) de taxes sur le pétrole en mars, soit une baisse de 48 pour cent par rapport à l’année précédente. Les recettes globales du pétrole et du gaz ont chuté de 43 pour cent pour s’établir à 617 milliards de roubles (6,68 milliards d’euros), soulignant la vulnérabilité de l’économie russe face aux facteurs externes et aux tensions géopolitiques.

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