L’Australie refuse le rapatriement de ses citoyens liés à Daech


Principaux renseignements

  • L’Australie ne rapatriera pas ses ressortissants liés à Daech actuellement détenus dans des camps syriens.
  • Le Premier ministre Albanese souligne la responsabilité personnelle des personnes qui ont rejoint Daech.
  • Malgré la pression internationale et les préoccupations en matière de droits humains, l’Australie privilégie la sécurité intérieure au rapatriement des personnes liées à Daech.

L’Australie ne rapatriera pas ses citoyens liés à l’État islamique (EI) et actuellement détenus dans des camps de détention syriens. C’est ce qu’a déclaré mardi le Premier ministre australien Anthony Albanese à ABC. « Quand on fait son lit, on doit s’y coucher », a-t-il ajouté.

Tentative d’évasion

Ces déclarations font suite à des informations selon lesquelles un groupe de 34 femmes et enfants australiens auraient tenté de quitter le camp de détention d’Al-Roj, dans le nord de la Syrie. Ils souhaitaient retourner en Australie via la capitale Damas. Mais ont été renvoyés au camp par les autorités syriennes. Rashid Omar, un responsable du camp, a déclaré à CNN que deux membres masculins de la famille étaient arrivés au camp et avaient demandé que leurs proches leur soient remis. Ils ont affirmé avoir collaboré avec les autorités syriennes pour organiser ce transfert. Peu après avoir quitté le camp, les responsables du camp ont été informés par Damas qu’il n’y avait eu aucune coordination. Ils ont donc été contraints de retourner au camp.

Albanese a refusé de commenter le cas des prisonniers individuels et leurs passeports australiens. Il a déclaré que l’Australie ne soutenait pas le rapatriement et a ajouté que le pays n’avait « aucune sympathie » pour ceux qui avaient voyagé à l’étranger pour rejoindre l’État islamique.

Droits de l’homme

La pression internationale s’intensifie sur des pays comme l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni pour qu’ils rapatrient leurs ressortissants. Des milliers de leurs citoyens, principalement des femmes et des enfants, sont toujours détenus dans des camps en Syrie depuis la chute du califat de Daech.

Les organisations de défense des droits humains ont tiré la sonnette d’alarme concernant les conditions de vie dans ces camps. Elles affirment que les détenus sont victimes de tortures, de violences sexistes, de disparitions forcées et d’autres atrocités. Selon les organisations de défense des droits humains, beaucoup d’entre eux auraient été enlevés par l’EI ou seraient nés sous son contrôle. Certains pays ont lancé des procédures de rapatriement, mais les progrès sont lents en raison de considérations de sécurité et de l’opposition interne.

Début 2026, huit femmes belges et neuf enfants se trouvaient encore dans le camp d’Al-Roj. En 2019 et 2022, l’Australie a rapatrié des groupes de femmes et d’enfants liés à l’EIIL depuis des camps de réfugiés syriens. L’année dernière, deux femmes australiennes et quatre enfants ont réussi à s’échapper de Syrie par leurs propres moyens. Ils ont rentrer chez eux via le Liban sans l’aide du gouvernement.

Australie

Un porte-parole du gouvernement australien a réitéré la position du gouvernement contre le rapatriement. Selon lui, les services de sécurité continuent de suivre de près la situation en Syrie afin d’être prêts à accueillir les Australiens qui rentrent au pays. À leur arrivée, ceux-ci pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires. Save the Children Australia a exprimé sa déception face à la décision du gouvernement. L’organisation insiste pour que le bien-être de ces enfants innocents soit une priorité. S’ils sont rapatriés, ils pourront reconstruire leur vie et se réintégrer dans la société australienne.

La chute du régime d’Assad et la mise en place d’un nouveau gouvernement syrien rendent la situation plus difficile. Le nouveau gouvernement ne veut plus des forces armées kurdes dans le pays. Or, ce sont précisément ces forces qui gardent actuellement les grands camps de détention. (ev)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus