Principaux renseignements
- L’Australie a procédé avec succès au tir d’essai de son premier système de lance-roquettes multiples guidés (GMLRS) assemblé sur son territoire.
- Cette réalisation marque une avancée significative vers l’objectif de l’Australie de produire localement des armes de frappe à longue portée.
- Grâce à des partenariats avec Lockheed Martin et les États-Unis, l’Australie vise à s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales tout en renforçant ses propres capacités de défense souveraines.
L’armée australienne a récemment célébré une avancée majeure en procédant à un tir d’essai de son premier système de lance-roquettes multiples guidés (GMLRS) assemblé localement. Ce test réussi, mené au centre d’essais de Woomera en Australie-Méridionale, marque une étape cruciale vers l’objectif de l’Australie de produire localement des armes de frappe à longue portée.
Plans de production nationale
Lancé à partir d’un lanceur M142 HIMARS, il s’agissait du troisième tir réel pour les HIMARS de l’armée australienne depuis leur arrivée en mars 2025. Avec 42 lanceurs HIMARS commandés, l’Australie s’est engagée à renforcer ses capacités de défense. La création d’une usine de production Lockheed Martin à Port Wakefield, en Australie-Méridionale, en décembre dernier, souligne encore davantage cet engagement.
Au cours des prochaines années, il est prévu d’accroître l’utilisation de composants fabriqués localement, pour aboutir à terme à une production entièrement nationale plutôt qu’à un simple assemblage de pièces fabriquées à l’étranger. Cette initiative a fait de l’Australie le seul pays en dehors des États-Unis capable de fabriquer des missiles GMLRS, ouvrant ainsi la voie à la participation des industries australiennes aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le ministre de l’Industrie de la défense, Pat Conroy, a salué cette réalisation comme une « étape majeure » pour la capacité souveraine de l’Australie en matière d’armes guidées, démontrant les progrès vers l’autonomie et un avenir où la défense est « made in Australia ». Le GMLRS est un exemple phare de l’initiative australienne « Guided Weapons and Explosive Ordnance (GWEO) Enterprise », visant à établir des capacités de production indépendantes pour diverses armes.
Un accord bilatéral entre les gouvernements australien et américain, signé en mars 2024, prévoit une capacité de production annuelle pouvant atteindre 4 000 roquettes GMLRS, dépassant les besoins propres de l’Australie. Cette capacité de production excédentaire indique clairement l’intention de Lockheed Martin de pénétrer les marchés mondiaux.
Intégration de la chaîne d’approvisionnement mondiale
James Heading, directeur et directeur général de la division Missiles et contrôle de tir chez Lockheed Martin Australia, a souligné l’importance accordée par l’entreprise à la fois à la consommation australienne et à l’intégration de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Il a indiqué que la production de GMLRS s’intensifiera en 2026, alors que Lockheed Martin Australia passera d’une phase de réduction des risques à la première phase de production.
Heading a en outre expliqué que l’entreprise harmonise méticuleusement ses processus, ses procédures et ses logiciels avec ceux de l’usine de Camden, en Arkansas (États-Unis), afin d’assurer une intégration transparente avec le cycle de fabrication américain.
Si le GMLRS représente une étape importante, il ne répond pas pleinement à l’ambition de l’Australie de parvenir à une « projection d’impact » grâce à des capacités de frappe à longue portée. Lockheed Martin Australia a identifié la variante à portée étendue, d’une portée de 93 miles (environ 149,6 kilomètres), comme la prochaine étape logique de cette progression, selon Defense News.
Capacités futures à longue portée
Le ministère australien de la Défense souligne le rôle des missiles GMLRS de fabrication australienne dans la préparation de la production future de munitions de frappe à longue portée, notamment le missile de frappe de précision (PrSM) et les armes hypersoniques.
Un protocole d’accord signé entre l’Australie et les États-Unis en juin 2025 officialise la coopération sur la production du PrSM, englobant la maintenance et le développement ultérieur. Cet accord prévoit des options pour l’assemblage des missiles PrSM en Australie. Canberra investit massivement, environ 224 millions de dollars (environ 210 millions d’euros) américains sur dix ans, pour devenir un partenaire à part entière du programme PrSM, avec 106 millions de dollars (environ 99 millions d’euros) supplémentaires alloués au cours des cinq prochaines années pour l’acquisition d’un premier lot de missiles.
(jw)(fc)
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