Principaux renseignements
- L’Australie utilise l’investissement dans l’IA pour prendre des décisions militaires plus rapides et plus efficaces.
- L’IA militaire offre des avantages stratégiques mais se heurte à des défis majeurs dans les opérations terrestres complexes.
- Une gouvernance et une intégration fiables détermineront si l’IA offre un avantage durable sur le champ de bataille.
L’Australie renforce ses capacités de défense grâce à un investissement de près de 40 millions de dollars (environ 23 millions d’euros) australiens dans les technologies émergentes, en mettant l’accent sur l’intelligence artificielle (IA). Le financement est acheminé par l’intermédiaire du programme de technologies émergentes et perturbatrices de l’Advanced Strategic Capabilities Accelerator (ASCA), qui a attribué 14 contrats à des universités et à des entreprises technologiques dans l’ensemble du pays.
Projets visant à améliorer la prise de décision
Les projets soutenus couvrent un large éventail d’applications de l’IA, notamment le raisonnement automatique, l’intégration automatisée des données et les systèmes basés sur l’IA, conçus pour aider les forces de défense australiennes (ADF) à prendre des décisions plus rapides et plus efficaces dans les domaines de l’air, de la terre, de la mer, de l’espace et de la cybernétique. Selon le chef de l’ASCA, le major général Hugh Meggitt, l’initiative vise à développer les capacités futures et à fournir un avantage asymétrique à l’ADF.
L’accent mis sur l’avantage décisionnel s’aligne sur la stratégie de défense nationale 2026 de l’Australie, qui l’identifie comme l’un des six effets de capacité clés. En intégrant l’IA dans de multiples domaines opérationnels, l’ADF vise à assurer la pérennité de ses opérations et à conserver un avantage stratégique sur ses adversaires potentiels.
Défis de l’IA dans les opérations terrestres
Dans le même temps, les analystes de la défense soulignent que l’opérationnalisation de l’IA présente des défis distincts, en particulier dans le domaine terrestre. Contrairement aux environnements maritimes, aériens, spatiaux et cybernétiques, les opérations terrestres impliquent une combinaison illimitée de variables terrestres et humaines que les logiciels traditionnels ont du mal à gérer à grande échelle.
Les systèmes autonomes et dotés d’IA offrent une valeur particulière dans ce contexte, car ils peuvent apprendre à naviguer dans l’incertitude et à s’adapter à l’évolution des conditions opérationnelles et tactiques.
Gouvernance et fiabilité restent essentielles
Pour l’armée australienne, l’utilisation efficace de l’IA dans les opérations terrestres dépend non seulement du progrès technologique, mais aussi de la gouvernance et de la fiabilité. L’IA et l’autonomie devraient être à la base des futurs systèmes robotiques et autonomes, leur permettant d’effectuer des tâches avec un contrôle humain limité tout en s’adaptant continuellement dans des environnements dynamiques. Toutefois, il est peu probable que les commandants emploient des systèmes basés sur l’IA s’ils ne sont pas sûrs que ces systèmes sont fiables et conformes aux objectifs de la mission.
Alors que l’Australie continue d’investir dans la recherche, le développement et la démonstration de l’IA par le biais de partenariats avec l’industrie, les universités et les instituts de recherche, l’attention se porte de plus en plus sur l’intégration de l’IA dans les architectures de commandement et de contrôle et sur l’élaboration de cadres de gouvernance adaptés aux réalités opérationnelles. Ces facteurs seront essentiels si l’ADF, et en particulier l’armée australienne, veut acquérir et maintenir un avantage asymétrique grâce à l’utilisation de l’IA dans les conflits futurs.
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