Principaux renseignements
- L’amiral David Johnston affirme que l’Australie dispose des moyens nécessaires pour déployer les ressources requises dans le détroit d’Ormuz si le gouvernement lui en donne l’ordre.
- Malgré les demandes américaines de soutien allié pour sécuriser le passage des pétroliers, l’Australie continue de concentrer ses efforts stratégiques sur la région indo-pacifique en raison d’un redéploiement des ressources militaires américaines.
- Alors que les experts débattent de l’efficacité des Forces de défense australiennes dans le détroit, l’amiral Johnston reconnaît les efforts en cours pour renforcer les capacités de défense aérienne et antimissile face à une demande mondiale croissante en matériel militaire.
Le plus haut responsable militaire australien, l’amiral David Johnston, a défendu la capacité de son pays à contribuer à la résolution de la crise dans le détroit d’Ormuz, tout en soulignant que la région indo-pacifique constituait la priorité absolue des efforts de défense. Bien que les États-Unis aient sollicité le soutien de leurs alliés pour garantir la sécurité du passage des pétroliers dans le détroit, dans un contexte de tensions avec l’Iran, l’Australie n’a pas encore répondu à ces demandes.
Beaucoup d’interrogations
Certains analystes et responsables politiques ont émis des doutes quant à la capacité de l’Australie à apporter son aide dans le détroit d’Ormuz. L’amiral Johnston affirme toutefois que la défense australienne est « tout à fait en mesure de déployer » les ressources nécessaires si le gouvernement en donne l’ordre. Il a accentué la capacité des Australiens à opérer efficacement dans un tel environnement.
L’amiral Johnston a expliqué qu’à ce moment crucial, l’armée se concentre stratégiquement sur la région indo-pacifique. Cette décision fait suite à un transfert considérable de ressources militaires américaines de cette région vers le Moyen-Orient, ce qui souligne l’importance de maintenir la stabilité et une présence sur place.
Faisabilité du déploiement
Le vice-amiral à la retraite Peter Jones, qui travaille désormais dans le milieu universitaire, reconnaît que le déploiement de moyens australiens au Moyen-Orient est techniquement faisable. Il suggère que des destroyers de classe Hobart ou des frégates de classe Anzac pourraient être déployés pour protéger les voies maritimes cruciales. Le professeur Jones rejette les inquiétudes concernant une diminution de la sécurité régionale résultant d’un tel déploiement.
D’autres, comme Michael Shoebridge de Strategic Analysis Australia, expriment leur scepticisme quant à la capacité d’apporter une contribution significative dans le détroit d’Ormuz. Shoebridge affirme que les frégates de classe Anzac ne seraient pas efficaces, tandis que les destroyers de classe Hobart, dont les capacités sont limitées, sont vulnérables en raison d’un manque de systèmes de défense antimissile et de l’absence de systèmes de lutte contre les drones.
Efforts à renforcer la défense aérienne et antimissile
L’amiral Johnston salue les efforts continus déployés pour acquérir, dans les meilleurs délais, des systèmes intégrés de défense aérienne et antimissile destinés à l’armée australienne. Il reconnaît le besoin urgent de ces systèmes dans un contexte de demande mondiale croissante en matériel militaire. Cette déclaration fait suite à des avertissements concernant l’insuffisance des capacités de défense aérienne de l’Australie face aux menaces potentielles de missiles chinois, malgré les recommandations formulées dans l’Évaluation stratégique de la défense de 2023.
Le ministre de la Défense, Richard Marles, devrait dévoiler la semaine prochaine une stratégie nationale de défense et un programme d’investissement militaire actualisé. Les experts s’attendent à ce que ce plan comprenne des engagements visant à renforcer les systèmes de défense antimissile. Malcolm Davis, de l’Australian Strategic Policy Institute, souligne que la défense doit accélérer le développement de capacités intégrées de défense aérienne et antimissile. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

