Yellen prévient que l’augmentation de la dette publique pourrait contraindre la Fed à privilégier la gestion de la dette plutôt que la maîtrise de l’inflation


Principaux renseignements

  • « La dette fédérale incontrôlée des États-Unis pourrait contraindre la Fed à donner la priorité à la gestion de la dette plutôt qu’au contrôle de l’inflation », déclare Janet Yellen, ancienne présidente de la banque centrale.
  • Les pressions politiques exercées sur les taux d’intérêt en vue d’un allègement de la dette exacerbent le risque de domination budgétaire et déstabilisent la politique monétaire.
  • Les responsables politiques actuels risquent de sous-estimer la gravité de la crise de la dette, mettant en péril la stabilité économique à long terme pour tous les Américains.

L’économie américaine est confrontée à un risque important à long terme en raison de l’augmentation de la dette fédérale. Les économistes mettent en garde contre une situation appelée « dominance fiscale », dans laquelle l’ampleur de la dette contraint la banque centrale à maintenir des taux d’intérêt bas pour gérer les coûts du service de la dette au lieu de contrôler l’inflation.

Loretta Mester, ancienne présidente de la Fed de Cleveland, a fait part de préoccupations similaires, soulignant l’apparente incompréhension des responsables de l’administration actuelle face à la gravité du problème de la dette. Contrairement aux administrations précédentes qui ont reconnu les risques potentiels, le gouvernement actuel pourrait ne pas saisir toutes les implications de l’inaction.

Yellen également préoccupée par la dette américaine

L’ancienne secrétaire au Trésor et présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, a souligné cette préoccupation lors d’une table ronde, notant que les conditions sont réunies pour une domination fiscale. Le Congressional Budget Office prévoit un déficit de 1 900 milliards de dollars (1 600 milliards d’euros) cette année, ce qui porterait la dette fédérale totale à environ 100 pour cent du pib. Ce chiffre devrait atteindre environ 118 pour cent du pib au cours de la prochaine décennie.

Malgré ces inquiétudes, Yellen garde l’espoir qu’une crise imminente, telle que l’insolvabilité potentielle de la sécurité sociale et de Medicare, pourrait motiver le Congrès à parvenir à un accord bipartisan sur les réformes budgétaires. Cependant, David Romer, économiste à l’université de Californie à Berkeley, s’est montré moins optimiste quant à la possibilité de trouver une solution. Il estime que la trajectoire budgétaire actuelle constitue une menace sérieuse pour tous, y compris pour la Réserve fédérale, si rien n’est fait pour y remédier.

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(ns) (uv)

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