L’année la plus meurtrière pour les journalistes depuis le début des statistiques


Principaux renseignements

  • En 2025, 129 journalistes et professionnels des médias ont perdu la vie dans le monde. Plus des deux tiers d’entre eux ont été tués lors d’attaques menées par l’armée israélienne.
  • Les attaques à l’aide de drones ont également des conséquences mortelles de plus en plus fréquentes. En 2025, le CPJ a enregistré 39 attaques à l’aide de drones contre des journalistes.
  • En 2025, 330 journalistes étaient emprisonnés dans le monde, soit une légère baisse par rapport à 2024, où ils étaient 384.

En 2025, 129 journalistes et professionnels des médias ont été tués dans le monde. C’est le nombre le plus élevé jamais enregistré depuis que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a commencé à recenser ces décès il y a plus de trente ans. C’est la deuxième année consécutive que ce record est battu. En 2024, 122 reporters ont perdu la vie. Selon le CPJ, ces meurtres constituent une violation du droit international humanitaire, qui considère les journalistes comme des civils et interdit explicitement de les attaquer délibérément.

Israël

Plus des deux tiers des victimes sont mortes lors d’attaques de l’armée israélienne, soit environ 86 reporters au total. La grande majorité d’entre eux étaient des Palestiniens qui couvraient l’actualité depuis la bande de Gaza. Selon l’armée israélienne, les journalistes ne sont pas délibérément pris pour cible.

La PDG du CPJ, Jodie Ginsberg, avertit que les reporters sont de plus en plus vulnérables en raison de la culture persistante d’impunité. Dans de nombreux cas, les enquêtes sur la mort des journalistes manquent de transparence. À ce jour, personne n’a encore été tenu responsable des décès survenus vers 2025.

Drones

On remarque une augmentation du nombre d’attaques contre des journalistes à l’aide de drones. Celles-ci ont de plus en plus souvent des conséquences mortelles. Selon le rapport du CPJ, 39 incidents liés à des drones ont été recensés en 2025. Parmi ceux-ci, 28 décès ont été causés par Israël à Gaza et cinq par les Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan. En Ukraine, quatre journalistes ont été tués par des drones militaires russes.

« Les journalistes sont tués en nombre record, à une époque où l’accès à l’information est plus important que jamais », explique Ginsberg. Selon elle, il faut faire beaucoup plus pour prévenir ces meurtres et punir les coupables. Elle ajoute que nous sommes tous en danger lorsque des reporters sont assassinés pour avoir rapporté des informations.

Prison

En 2025, 330 journalistes étaient emprisonnés dans le monde, un chiffre historiquement élevé. Il s’agit toutefois d’une légère baisse par rapport à l’année record de 2024, où 384 reporters étaient incarcérés.

Avec 50 journalistes emprisonnés, la Chine reste pour la troisième année consécutive le pays qui compte le plus grand nombre de journalistes en prison. Le Myanmar et Israël suivent avec respectivement 30 et 29 reporters emprisonnés. L’Azerbaïdjan fait son entrée dans le top 10. Près d’un tiers des journalistes emprisonnés en 2025 ont signalé avoir été maltraités en détention. Environ 20 pour cent ont également fait état de tortures ou de mauvais traitements graves.

De nombreux pays poursuivent les reporters sur la base d’accusations dites « anti-étatiques », telles que le terrorisme ou l’acceptation de financements étrangers. L’Inde et la Tunisie ont également créé de nouveaux motifs juridiques pour emprisonner des journalistes sur la base d’accusations d’évasion fiscale, de diffamation ou d’atteinte à la sécurité. (ev)

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