Le lancement d’Artemis II s’est bien déroulé : qu’est-ce qui attend les astronautes sur leur orbite autour de la Lune ?


Principaux renseignements

  • Artemis II a été lancé avec succès et a entamé sa mission de dix jours. C’est le premier voyage habité de l’humanité au-delà de l’orbite terrestre basse depuis Apollo.
  • La mission permettra de tester les systèmes d’Orion et de démontrer la faisabilité d’une trajectoire « aller-retour libre » pour les futures missions lunaires.
  • Artemis II ouvre la voie à Artemis III, qui vise à arrimer un atterrisseur lunaire à Orion en orbite terrestre, permettant ainsi aux astronautes d’atterrir sur la Lune.

La mission spatiale Artemis II a été lancée avec succès mercredi soir depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride. Il s’agit d’une étape importante dans les projets de l’agence spatiale américaine NASA visant à renvoyer des hommes sur la Lune, et à terme même sur Mars. Ce lancement marque la première fois en plus de cinquante ans qu’une mission habitée quitte l’orbite terrestre basse. La fusée Space Launch System, haute de 98 mètres, s’est envolée mercredi à 18h35, heure locale (00h35 à Bruxelles), envoyant la capsule Orion vers la Lune pour une mission de dix jours.

Lancement

Des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées mercredi soir à Cap Canaveral pour assister au lancement. « Cette mission historique emporte avec elle le cœur de l’équipe Artemis, l’esprit courageux du peuple américain et de nos partenaires à travers le monde, ainsi que les espoirs et les rêves d’une nouvelle génération », a déclaré Charlie Blackwell-Thompson, directeur de lancement pour Artemis II.

Pourtant, le lancement ne s’est pas déroulé sans encombre. La tension était à son comble dans les heures qui ont précédé le lancement, lorsque le carburant à l’hydrogène a commencé à s’écouler dans la fusée. Au cours de cette phase cruciale, une fuite dangereuse s’était produite plus tôt cette année lors d’un test de compte à rebours. Une fuite qui avait finalement entraîné un retard considérable. Heureusement, cette fois-ci, tout s’est bien passé et on a pu injecter plus de 2,6 millions de litres de carburant dans la fusée Space Launch System.

La NASA a toutefois dû résoudre quelques problèmes techniques avant le lancement, mais elle y est parvenue sans causer de retard. Il s’agissait notamment de problèmes liés au système d’interruption de vol de la fusée et d’une défaillance d’une batterie dans le système d’interruption de lancement de la capsule Orion.

Itinéraire de la mission

L’équipage d’Artemis II est composé de quatre astronautes: les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen. Ils suivront un programme de vol très strict, les deux premiers jours étant consacrés à une orbite terrestre haute. Au cours de ces deux jours, on contrôlera minutieusement les systèmes d’Orion. Une fois ces vérifications terminées, Orion effectuera une manœuvre dite d’« injection trans-lunaire » qui sortira le vaisseau spatial de son orbite terrestre et le propulsera vers la Lune.

Transit et survol lunaire

Les troisième et quatrième jours seront consacrés au voyage vers la Lune, durant lequel les performances d’Orion seront surveillées en permanence. L’équipage empruntera ensuite une trajectoire de « retour libre », qui lui permettra de contourner la Lune et de revenir naturellement vers la Terre sans propulsion supplémentaire. Cette trajectoire est importante pour évaluer les capacités du vaisseau spatial en vue de futures missions lunaires.

Le cinquième jour, Orion entrera dans la zone de gravité de la Lune, qui est bien plus forte que celle de la Terre. Au cours de cette période d’essai, les astronautes testeront donc leurs combinaisons spatiales. Ils vérifieront notamment à quelle vitesse ils peuvent les enfiler, les pressuriser et s’attacher à leurs sièges. Le sixième jour, c’est l’heure du vol lunaire. Orion se trouvera alors, à son point le plus proche, à environ 6 450 à 9 650 kilomètres au-dessus de la surface lunaire.

Retour et recherche scientifique

Les astronautes consacreront les septième, huitième et neuvième jours au retour et à la réalisation d’expériences scientifiques dans l’espace lointain. Après le survol, Orion restera sur sa trajectoire de « retour libre ». L’équipage se concentrera alors sur les expériences scientifiques, notamment en testant la surveillance médicale à l’aide de programmes tels qu’ARCHER. Le dixième et dernier jour de la mission spatiale, Orion se désarrimera de son module de service et le vaisseau rentrera dans l’atmosphère terrestre à une vitesse vertigineuse d’environ 40 230 kilomètres à l’heure. Il s’abîmera ensuite dans l’océan Pacifique.

Prochaines missions

La prochaine mission spatiale est actuellement prévue pour 2027. Il s’agit d’Artemis III. Cette mission a pour objectif de démontrer la capacité des modules d’atterrissage lunaires à s’arrimer au vaisseau spatial Orion en orbite terrestre. Les modules lunaires pourraient être le système Blue Moon de Blue Origin ou le Starship de SpaceX. Cette étape importante ouvrira la voie au transport d’astronautes de l’orbite lunaire vers la surface de la Lune. (ev)(fc)

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