L’Allemagne investit 5,7 milliards d’euros dans le système de défense aérienne israélien Arrow-3 « hit to kill »


Principaux renseignements

  • L’Allemagne investit 5,7 milliards d’euros dans le système israélien de défense aérienne Arrow-3 afin de renforcer sa protection contre les menaces potentielles de missiles.
  • Cet achat reflète l’inquiétude croissante de l’Europe face à l’agression russe et la nécessité de renforcer les mesures de défense collective.
  • Bien que le système Arrow-3 offre des capacités avancées, il est essentiel de se rappeler qu’aucun système de défense aérienne ne peut à lui seul garantir une protection complète contre un adversaire aussi sophistiqué que la Russie.

Les membres européens de l’OTAN renforcent leurs défenses aériennes à la suite d’une série d’incursions de drones à l’automne dernier. L’Allemagne est à la tête de cet effort, prenant au sérieux l’appel au réarmement européen.

Une vente d’armes historique

Dans ce qui est présenté comme la plus grande exportation de matériel de défense jamais réalisée par Israël, l’Allemagne a considérablement augmenté sa commande de systèmes de défense aérienne Arrow-3 au début du mois. La valeur totale de l’accord dépasse désormais les 5,7 milliards d’euros.

Ces intercepteurs seront déployés dans toute l’Allemagne et éventuellement partagés avec d’autres pays de l’OTAN. Cette acquisition s’inscrit dans le cadre de l’initiative « European Sky Shield » (ESSI), une stratégie européenne plus large visant à contrer une menace russe perçue comme grandissante.

Un continent en péril

Au début de l’année, une vague de drones pénétrant dans l’espace aérien européen a suscité l’inquiétude des dirigeants. La crainte d’une attaque de drones et de missiles russes s’est répandue sur tout le continent. Alors que la peur s’est dissipée, les nations européennes sont déterminées à renforcer leurs capacités de défense aérienne. Elles se tournent vers Israël, réputé pour ses systèmes de défense aérienne de pointe développés en réponse aux menaces terroristes.

Le système israélien Arrow-3 est un système de défense antimissile balistique basé dans l’espace, conçu pour intercepter les missiles balistiques ennemis pendant leur vol. Il constitue la couche la plus élevée d’un réseau de défense intégré qui comprend d’autres éléments tels que le Arrow-2, le David’s Sling et le Iron Dome, et prévoit d’incorporer une arme à énergie dirigée appelée « Iron Beam »

Toucher la cible

L’Arrow-3 utilise un mécanisme « hit-to-kill », qui neutralise les menaces en entrant directement en collision avec elles. La mise au point d’une telle technologie est un défi, mais l’Arrow-3 d’Israël s’est avéré efficace au combat. Lors des récents conflits impliquant les rebelles houthis, il a intercepté avec succès des missiles lancés en direction d’Israël.

Toutefois, il est essentiel de reconnaître qu’aucun système de défense aérienne, quelle que soit sa sophistication, ne peut garantir une protection totale contre tous les missiles ou drones. Cette réalité a été mise en évidence lors de la guerre des 12 jours en juin dernier, lorsque Tel-Aviv et d’autres cibles vitales ont été frappées par des missiles, des drones et même des armes hypersoniques de l’Iran, du Hamas et des Houthis.

Une protection limitée

Si l’engagement de l’Allemagne à acheter et à déployer l’Arrow-3 est louable, il est important de reconnaître ses limites face à un adversaire hautement qualifié comme la Russie. Des systèmes tels que le Arrow-3 ne constitueront probablement qu’une mesure temporaire. L’OTAN a besoin d’un nombre beaucoup plus important de défenses aériennes, qu’elle ne peut raisonnablement pas produire avant l’échéance de 2029 qu’elle s’est fixée pour faire face à une éventuelle agression russe.

Il n’est pas réaliste de compter sur l’industrie de défense israélienne, déjà mise à rude épreuve, pour répondre à cette demande. En outre, la guerre d’Ukraine a démontré qu’aucun système de défense aérienne ne peut assurer une protection absolue sur une vaste zone. Si les Arrow-3 peuvent offrir une protection temporaire aux infrastructures critiques et aux centres de commandement, il est peu probable qu’ils puissent contrer efficacement l’arsenal massif d’armes que possède la Russie.

Le chemin vers la paix

Une solution plus viable consiste à poursuivre de véritables négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine. Malheureusement, les dirigeants européens ont rejeté cette approche jusqu’à présent, ce qui risque de retarder une résolution jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Dans le même temps, l’OTAN demande à tous ses États membres d’augmenter leurs budgets de défense pour atteindre environ 5 pour cent du PIB d’ici 2035, un objectif qui vise principalement à renforcer la préparation militaire. Toutefois, de tels investissements ne signifient pas automatiquement que l’Europe se concentre principalement sur la paix ; ils mettent surtout l’accent sur la préparation à d’éventuelles escalades, tandis que les solutions diplomatiques, telles que des négociations concrètes et sérieuses, restent pour l’instant au second plan. (uv)

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