Principaux renseignements
- Un problème est apparu concernant le projet de l’Inde d’acheter 114 avions de combat Rafale français.
- L’insistance de l’Inde pour obtenir l’accès au code source du Rafale en vue de modifications retarde la conclusion de l’accord sur les avions de combat avec la France.
- La France craint que le fait d’accorder à l’Inde l’accès au code source ne compromette ses revenus futurs et n’expose des technologies sensibles à la Russie.
L’accord prévu pour l’acquisition par l’Inde de 114 avions de combat français Rafale dans le cadre du programme MRFA a rencontré un obstacle. Alors que les attentes initiales laissaient présager la conclusion d’un accord lors de la visite du président français Emmanuel Macron en Inde en février, le contrat n’a toujours pas été signé. Le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, a exprimé l’espoir de signer l’accord dans le courant de l’année, mais début avril, aucun progrès n’avait été rendu public.
Accès au code source : la pierre d’achoppement
Des sources non officielles dans les médias français et indiens suggèrent que l’accès au code source du Rafale constitue le principal point d’achoppement. Cette question s’était déjà posée concernant les avions de combat français déjà en service en Inde, avec des allégations de tentatives de piratage non autorisées de la part de l’Inde. La possibilité de telles violations a même été reconnue par le secrétaire d’État néerlandais à la Défense, qui a évoqué la vulnérabilité du code du F-35.
L’Inde insiste pour disposer d’une liberté totale pour modifier les systèmes embarqués du Rafale, notamment pour intégrer des armes locales, mettre à jour les suites de guerre électronique et développer ses propres systèmes de suspension. Alors que la France a accepté de localiser la production du Rafale en Inde, une part importante de la valeur ajoutée restant dans le pays, elle hésite à céder le contrôle des logiciels de l’avion.
Préoccupations financières et implications en matière de sécurité nationale
La réticence de la France découle à la fois de préoccupations financières et d’implications en matière de sécurité nationale. Donner à l’Inde l’accès au code source compromettrait une source de revenus substantielle générée par les ventes d’armes, la fourniture de composants, la maintenance des avions et les services de modernisation. De plus, l’intégration d’armes de fabrication indienne sur le Rafale soulève des inquiétudes quant à une influence russe potentielle. Compte tenu des liens étroits entre l’Inde et la Russie en matière de défense, l’intégration d’un missile Brahmos, fruit d’un développement conjoint russo-indien, pourrait permettre à la Russie d’accéder à des technologies françaises sensibles.
La France s’est déclarée disposée à accepter l’intégration d’armement indien sur le Rafale, mais uniquement sous la supervision et le contrôle stricts de Dassault Aviation.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

