L’abattage massif de bétail en Russie fait craindre une épidémie de fièvre aphteuse


Principaux renseignements

  • Les autorités vétérinaires russes procèdent à un abattage massif de bétail en Sibérie en raison de soupçons d’épidémies de pasteurellose et de rage.
  • Les éleveurs remettent en question la nécessité et l’ampleur de cet abattage, suggérant qu’il pourrait dissimuler une épidémie plus importante de fièvre aphteuse.
  • Une épidémie de fièvre aphteuse aurait de graves conséquences pour l’industrie de l’élevage russe et son lucratif marché d’exportation, en particulier en Chine.

Les autorités vétérinaires russes ont lancé un abattage massif de bétail à travers la Sibérie, touchant les bovins, les ovins, les caprins et les porcins. Cette opération s’étend sur au moins 10 régions et a suscité des inquiétudes au sein de l’industrie de l’élevage.

Inquiétudes quant à l’ampleur de l’abattage

Officiellement, l’abattage vise à contrôler les épidémies de pasteurellose et de rage. Cependant, les éleveurs s’interrogent sur l’ampleur et l’urgence de ces mesures, suggérant qu’elles pourraient être disproportionnées et dissimuler potentiellement une épidémie plus importante de fièvre aphteuse.

Selon les estimations, jusqu’à 100 000 animaux pourraient être abattus, ce qui ferait de cette opération l’un des plus importants abattages de bétail en Sibérie ces dernières années. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux russes montrent des éleveurs affirmant que les animaux sont saisis et détruits sans tests préalables et avec une rapidité inhabituelle.

L’industrie porcine sur le qui-vive

L’industrie porcine est particulièrement inquiète face à la situation, alors que les spéculations vont bon train quant à une possible épidémie de fièvre aphteuse à grande échelle. Des sources du secteur soulignent que la pasteurellose, bien que désagréable, ne justifie généralement pas un abattage massif, contrairement à la fièvre aphteuse qui présente des risques importants.

Alors que les autorités continuent de nier tout lien avec la fièvre aphteuse, l’incertitude grandit au sein du secteur. Si elle était confirmée, une épidémie de fièvre aphteuse aurait de graves conséquences pour le marché russe du bétail et des exportations de viande de porc. Le Kazakhstan a déjà fermé sa frontière aux produits d’élevage russes, et l’on craint que la Chine ne fasse de même.

Chine

La Chine est devenue un marché crucial pour les exportations agricoles russes, en particulier pour les producteurs de viande de porc, et représente une voie prometteuse pour les exportations de produits laitiers. En 2025, la Russie a exporté pour 500 millions de dollars de produits laitiers, soit une augmentation de 13 pour cent par rapport à l’année précédente.

Bien que la majorité des exportations soit toujours destinée aux pays de l’ex-Union soviétique, les producteurs s’étendent vers des marchés tels que la Chine, l’Algérie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie.

Zone de quarantaine

L’épidémiologiste russe Mikhail Favorov suggère qu’une épidémie confirmée de fièvre aphteuse de cette ampleur nécessiterait probablement de déclarer l’ensemble du pays zone de quarantaine. Il note que les autorités pourraient opter pour un abattage massif afin de contrôler la maladie sans en reconnaître officiellement la présence.

Pour ajouter aux inquiétudes, certains agriculteurs affirment que les grandes exploitations agricoles pourraient profiter de la situation pour éliminer leurs concurrents plus modestes du marché. Ils expriment leurs craintes face aux tendances à la consolidation dans l’ensemble du secteur de l’élevage, y compris la production porcine. Les petites exploitations continuent de jouer un rôle important dans la production de lait cru, mais ces inquiétudes s’étendent à l’ensemble du secteur.

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