Principaux renseignements
- Naval Group a lancé la construction de quatre frégates de classe Luleå pour la Marine royale suédoise.
- La Suède a privilégié une livraison plus rapide au détriment de la construction navale nationale en choisissant la conception française FDI.
- Ce contrat de 47 milliards de couronnes intègre des armements de pointe et des partenariats industriels européens stratégiques.
La construction du HSwMS Luleå, le premier navire d’une commande de quatre frégates destinées à la marine suédoise, a officiellement commencé. Lors d’une cérémonie organisée le 1er octobre 2026 au chantier naval de Naval Group à Lorient, le groupe français a procédé à la première découpe d’acier. Cette étape marque le début de la production de la première frégate FDI suédoise.
Cette étape intervient exactement un mois après la signature du contrat, le 31 août. La Suède verse 47 milliards de couronnes suédoises (environ 4,16 milliards d’euros) pour les quatre frégates et les systèmes associés, notamment la formation et les pièces de rechange. La première Luleå doit être livrée en 2030. Les trois autres suivront en 2032, 2033 et 2034.
Caractéristiques techniques et armement
La classe Luleå utilise la FDI française, ou Frégate de Défense et d’Intervention, comme base. Les navires reprennent notamment la proue inversée caractéristique de cette conception. Ils mesurent environ 122 mètres de long et affichent un déplacement d’environ 4 500 tonnes.
Environ 125 membres d’équipage travailleront à bord. Les frégates pourront déployer un hélicoptère NH90 ainsi que différents systèmes sans pilote. Leurs principales missions seront la défense aérienne et la lutte anti-sous-marine.
La variante suédoise intègre également plusieurs systèmes nationaux. Les frégates embarqueront ainsi des missiles antiaériens Aster 30 et CAMM-ER. Elles recevront également des missiles antinavires RBS15, des torpilles Torped 47, un radar Giraffe 1X ainsi que des canons Bofors de 57 et 40 millimètres. Le système d’armes Trackfire complétera cet arsenal.
Un tournant stratégique dans l’appel d’offres
Avec cet achat, la Suède choisit une frégate construite en France, alors que le pays s’appuie traditionnellement sur une industrie de défense nationale importante. Stockholm avait auparavant étudié plusieurs options avant de retenir la FDI de Naval Group.
Le calendrier a joué un rôle important dans cette décision. La FDI constitue déjà une conception opérationnelle et se trouve en production en série. Naval Group peut donc proposer des délais de livraison plus courts. Les autorités suédoises prévoient la livraison des quatre navires entre 2030 et 2034.
L’industrie suédoise reste néanmoins étroitement impliquée dans le programme. Les frégates intégreront plusieurs armes et capteurs suédois, tandis que Naval Group collaborera avec des partenaires industriels suédois.
Capacité de production et intégration à l’OTAN
Naval Group a renforcé sa capacité de production afin de pouvoir construire plusieurs frégates FDI simultanément. L’entreprise vise une cadence de deux frégates par an. Avec les quatre navires suédois, le nombre total de FDI commandées par des marines de pays de l’OTAN atteint 13.
La France et la Grèce exploitent déjà ce type de frégate, tandis que les quatre navires suédois rejoignent désormais la même chaîne de production. Naval Group s’appuie sur ses propres infrastructures et collabore également avec d’autres chantiers navals européens afin de maintenir le rythme de production.
Industrie suédoise et calendrier de livraison
L’accord prévoit également une coopération à long terme entre Naval Group et des entreprises suédoises. Des partenaires locaux participeront notamment au programme et à la maintenance des navires.
Les quatre frégates seront livrées successivement sous les noms de HMS Luleå en 2030, HMS Norrköping en 2032, HMS Trelleborg en 2033 et HMS Halmstad en 2034. La première unité entre désormais officiellement en production.
Le début de la construction constitue ainsi la première étape concrète de production de l’un des principaux programmes navals suédois des prochaines années. Les nouvelles frégates doivent renforcer les capacités suédoises en matière de défense aérienne et de lutte anti-sous-marine, tout en contribuant à la défense collective de l’OTAN en mer Baltique.(zvm)
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