La science apporte un nouvel éclairage sur la pédophilie

Les psychiatres ont longtemps pensé que la pédophilie était une perversion qui prenait sa source dans des influences psychologiques subies pendant l’enfance. Mais de plus en plus d’experts expliquent qu’en fait, il s’agit plutôt d’une préférence sexuelle profondément enracinée dans la personnalité, et qu’elle ne peut être changée, rapporte le Los Angeles Times. Pour ces experts, la pédophilie, qui ne touche quasiment que les hommes, est une orientation sexuelle en tant que telle, au même titre que l’hétérosexualité.

Le journal cite le cas de Paul Christiano, un homme pédophile de 36 ans surpris en train d’acheter de la pornographie mettant en scène des enfants, et que l’on a contraint à suivre un traitement. « Ces gens ont cru qu’ils pourraient éteindre le désir, ou m’obliger à le refouler. Mais c’est aussi intrinsèque que l’hétérosexualité», explique-t-il.

On estime qu’entre 1% et 5% des hommes sont pédophiles, c’est-à-dire qu’ils ont une attirance pour les enfant pré-pubères. Tous ne passent pas à l’acte, de même que selon certaines études, près de la moitié des adultes qui agressent sexuellement des enfants ne sont pas à proprement parler des pédophiles attirés par ces enfants, mais plutôt des personnes qui présentent des troubles de la personnalité. Le plus souvent, ils s’attaquent à des membres de leur famille, contrairement aux vrais pédophiles qui ont tendance à rechercher leur victime en dehors du cercle familial.

La pédophilie est mieux comprise depuis que des recherches ont été menées sur des délinquants sexuels à Toronto. Les chercheurs ont conclu que les pédophiles manifestaient presque tous une préférence pour les enfants d’un sexe particulier, souvent les petites filles. Seulement un tiers d’entre eux avaient été eux-mêmes abusés sexuellement dans leur enfance.

Mais de façon remarquable, les scientifiques ont mis au jour des corrélations qui permettent de conclure que la pédophilie a des racines biologiques. Par exemple, 30% des pédophiles – soit le triple de la proportion habituelle dans la population normale –  sont gauchers ou ambidextres. Or, comme la latéralisation des individus est déterminée par une combinaison génétique et l’environnement de l’utérus, cela laisse à penser que les pédophiles sont différents dès la naissance. Les scientifiques ont également noté qu’ils étaient plus petits de 2,5 cm en moyenne que les autres, et que leur QI était inférieur d’environ 10 points en moyenne, ce qui évoquerait un problème de développement congénital, ou survenu pendant l’enfance.

Au cours d’une étude menée en 2008 sur la base des scanners de cerveaux de 65 pédophiles, des scientifiques ont mis en évidence que les pédophiles avaient moins de matière blanche, dont le rôle est d’assurer la connectivité du cerveau. Les chercheurs ont expliqué que c’est ce qui expliquerait que la vision d’un enfant déclenche la même réaction neuronale que ce que ressentent la plupart des hommes à la vision d’une femme séduisante. On a même rapporté le cas d’un enseignant qui s’était brutalement mis à avoir des pulsions pédophiles, et sur lequel on avait trouvé une tumeur cérébrale. Après l’opération qui l’en avait débarrassé, ses tendances pédophiles avaient totalement disparu.

Beaucoup de psychiatres, qui ont renoncé à essayer de changer les préférences sexuelles de ces patients, préfèrent travailler avec eux pour leur apprendre à résister à leurs pulsions, tout en recommandant des injections d’hormones pour réduire leur libido.

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