La Russie rattrape une capacité navale américaine des années 1980


Principaux renseignements

  • Le croiseur russe modernisé Admiral Nakhimov, dont le retour est prévu en 2026, illustre le fossé technologique important qui sépare la Russie de la marine américaine.
  • Malgré des efforts de modernisation ambitieux, le Nakhimov ne disposera pas des capacités essentielles dont sont dotés les croiseurs américains depuis les années 1980.
  • Ce projet montre la difficulté pour la Russie de suivre les avancées en technologies de guerre maritime, surtout face aux nouvelles menaces comme les drones.

Le retour prévu par la Russie du croiseur nucléaire modernisé Admiral Nakhimov en 2026 met en évidence un écart technologique important par rapport aux États-Unis. C’est ce qu’annonce Defense Express. Alors que Moscou souhaite présenter ce navire comme un symbole de sa puissance militaire, les experts le considèrent plutôt comme un projet coûteux et vaniteux.

Les origines du fossé technologique

Ce retard technologique n’est pas un phénomène récent. Ses origines remontent à la phase initiale de conception du croiseur en 1964. Les plans ambitieux d’un grand navire anti-sous-marin ont évolué vers un croiseur lance-missiles à propulsion nucléaire lourdement armé et doté de nombreux systèmes d’armes. Malgré les doutes quant à l’intégration de ces capacités, le projet s’est poursuivi.

Au cours de cette période, les États-Unis développaient des technologies révolutionnaires en matière de guerre navale, telles que le système de combat Aegis et le système de lancement vertical Mk 41 (VLS). Ce système permettait aux croiseurs de lancer des frappes de précision à longue portée contre des cibles terrestres. L’USS Bunker Hill, mis en service en 1986, fut le premier navire équipé de cette capacité VLS avancée.

Retard soviétique 

En revanche, les croiseurs du projet 1144 de l’Union soviétique, dont l’Admiral Nakhimov (anciennement Kalinin), ne disposaient pas de cette capacité cruciale. L’effondrement de l’URSS a laissé ce fossé technologique sans solution. Alors que la Russie post-soviétique a tenté de rattraper son retard en développant de nouvelles frégates dotées de capacités similaires au début des années 2010, la modernisation de l’Admiral Nakhimov n’a commencé qu’en 2013.

Même s’il est achevé en 2026, le retour en service de l’Amiral Nakhimov marquera un retard de 40 ans dans l’acquisition d’une capacité déjà possédée par la marine américaine en 1986. De plus, malgré sa taille et son déplacement imposants, l’Amiral Nakhimov disposera de moins de cellules de lancement que les croiseurs plus petits de classe Ticonderoga.

Vulnérabilité face à la guerre moderne

En fin de compte, la modernisation de l’Amiral Nakhimov pourrait s’avérer obsolète avant même son achèvement. La prolifération des drones sur le champ de bataille naval représente une menace sérieuse pour ces navires aussi grands et vulnérables.

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