Principaux renseignements
- La Russie propose des remises importantes sur son GNL afin d’attirer les acheteurs d’Asie du Sud confrontés à des pénuries d’approvisionnement et à des prix élevés.
- Le GNL russe soumis à des sanctions transite souvent par des sociétés intermédiaires, ce qui masque son origine et permet potentiellement de contourner les restrictions internationales.
- Bien que la Chine reste actuellement le seul importateur de GNL russe soumis à des sanctions, la Russie cherche à élargir sa base d’acheteurs au-delà de la Chine afin de maximiser la production de son usine de GNL de l’Arctique.
Confrontée à des sanctions internationales, la Russie recherche de nouveaux acheteurs pour son gaz naturel liquéfié (GNL). Tirant parti d’une pénurie mondiale de GNL exacerbée par les tensions géopolitiques, en particulier les actions de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, la Russie propose des remises importantes aux acheteurs potentiels d’Asie du Sud. Ces remises, pouvant atteindre 40 pour cent, visent à attirer les pays confrontés à des approvisionnements limités en GNL et à des prix en forte hausse.
Contournement des sanctions
Pour contourner les sanctions, les vendeurs russes auraient recours à des sociétés intermédiaires, principalement basées en Chine, afin de dissimuler l’origine du gaz. Ils prétendent fournir des documents suggérant que le GNL provient de sources non russes, comme Oman ou le Nigeria.
La pénurie mondiale de GNL est particulièrement ressentie par des pays comme le Bangladesh et l’Inde, qui dépendaient auparavant fortement des approvisionnements qatariens. À la suite d’une attaque contre une importante installation d’exportation de GNL au Qatar, ces nations ont été contraintes de rechercher des alternatives plus coûteuses sur le marché au comptant. Cette flambée des prix a eu des répercussions sur divers secteurs, notamment la production d’engrais, qui a dû faire face à une réduction des allocations de gaz.
Le revirement de l’Inde
L’Inde, connue pour son approche prudente en matière d’importations de pétrole et de gaz soumis à des sanctions, a toujours évité d’accepter du GNL russe provenant de projets figurant sur la liste noire. Cependant, l’Inde a récemment acheté du pétrole iranien dans le cadre d’une licence spéciale accordée par le département du Trésor américain, ce qui indique un possible revirement de sa position.
Alors que la Russie a régulièrement augmenté ses exportations depuis ses installations soumises à des sanctions, de nombreux acheteurs restent hésitants en raison des craintes de répercussions potentielles de la part des États-Unis. La Chine est actuellement le seul pays à importer du GNL russe sous le coup de sanctions, en utilisant un réseau de navires de la flotte fantôme.
Étendre les ventes au-delà de la Chine
Étendre les ventes au-delà de la Chine permettrait à la Russie de diversifier sa clientèle et de maximiser la production de ses usines de GNL soumises à des sanctions. L’usine Arctic LNG, destinée à devenir la plus grande installation de gaz naturel liquéfié de Russie, a commencé ses exportations en 2024 mais se heurte à des limites pour atteindre sa pleine capacité en raison de contraintes de transport et d’un manque d’acheteurs. (fc)
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