La Russie envisage d’abaisser l’âge minimum d’admission à l’emploi à 12 ans pour pallier les pénuries de main-d’œuvre


Principaux renseignements

  • La Russie envisage d’abaisser l’âge légal d’accès au travail à 12 ans pour lutter contre une pénurie de main-d’œuvre critique.
  • La grave pénurie de main-d’œuvre résulte des pertes humaines liées à la guerre et de la chute des taux de natalité.
  • Les autorités publiques ont recours au travail des jeunes et à la lecture obligatoire pour intensifier l’endoctrinement patriotique.

Pour remédier à la pénurie critique de main-d’œuvre, les responsables russes étudient la possibilité d’abaisser l’âge légal d’admission au travail à 12 ans. Le conflit en Ukraine aggrave cette pénurie. Olga Yaroslavskaya, la commissaire russe aux droits de l’enfant, propose de réintroduire des camps de travail pour jeunes à la manière soviétique. Ceux-ci doivent offrir aux adolescents du travail et de la discipline pendant leurs vacances d’été. Elle affirme que de nombreux adolescents souhaitent travailler et qu’un tel système profiterait aux familles qui ne peuvent pas se permettre de longues vacances d’été.

Propositions de modification de la loi

En vertu de la législation russe actuelle, l’autorisation parentale est requise pour que les enfants puissent travailler à partir de 14 ans, tandis que les jeunes de 15 ans et plus peuvent signer des contrats de travail de leur propre chef. Cependant, Yaroslavskaya plaide en faveur d’un changement législatif permettant aux enfants de 12 ans d’obtenir des emplois d’été à temps partiel. Elle a évoqué sa propre expérience de jeunesse, lorsqu’elle désherbait des cultures sous une chaleur extrême lors d’un camp soviétique. Elle a présenté ce souvenir comme un exemple positif de la manière de gagner de l’argent et de surmonter les épreuves.

Crise économique croissante

Cette proposition intervient alors que la Russie est confrontée à une situation économique précaire due à une pénurie massive de main-d’œuvre. Malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles le chômage serait minime, le manque de personnel disponible a contraint les entreprises à augmenter les salaires, ce qui fait grimper les prix à la consommation et érode les bénéfices des entreprises.

Selon les estimations, le pays aurait besoin de 1,5 à 3 millions de travailleurs supplémentaires d’ici 2030 pour stabiliser le marché. Cette crise résulte de la chute des taux de natalité, de l’exode des professionnels diplômés cherchant à échapper à la conscription et des lourdes pertes subies par les jeunes hommes au combat. Elvira Nabiullina, directrice de la Banque centrale russe, a récemment déclaré que les pénuries de main-d’œuvre actuelles sont sans précédent dans l’histoire moderne du pays.

Endoctrinement idéologique

Au-delà des besoins potentiels en main-d’œuvre, l’État intensifie ses efforts idéologiques auprès de la jeunesse. Le ministère russe de l’Éducation a mis en place une liste de lectures obligatoires pour l’été, comprenant des ouvrages qui font l’éloge de l’armée et glorifient l’occupation de l’Ukraine. Le ministre de l’Éducation, Sergueï Kravtsov, a déclaré que ces textes « patriotiques » visaient à mettre en avant le courage de ceux qui participent à l' »opération militaire spéciale ». Parmi ces ouvrages figurent des livres qui affirment les revendications de la Russie sur la région du Donbass.

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