Principaux renseignements
- La Russie offre un soutien verbal, mais manque d’actions concrètes lorsque ses alliés sont confrontés à des menaces réelles.
- Le Kremlin privilégie le discours plutôt que l’aide significative dans les partenariats internationaux.
- L’expérience de l’Iran renforce les limites du recours aux promesses russes en matière de protection militaire.
À la suite d’une attaque aérienne sur Téhéran par les forces américaines et israéliennes, le chef de la diplomatie iranienne a sollicité le soutien de Moscou. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé sa sympathie et donné des assurances, mais n’a proposé aucune aide concrète. Cet événement met en évidence un schéma récurrent dans l’approche de la Russie envers ses partenariats. C’est ce qu’écrit Politico dans une analyse.
Les paroles contre les actes
Depuis le lancement de sa guerre totale en Ukraine, le Kremlin défend un ordre mondial multipolaire. Cependant, lorsque ses alliés sont confrontés à des menaces réelles, la réponse concrète de Moscou s’est avérée particulièrement insuffisante. La Syrie et le Venezuela en sont des exemples. Bachar al-Assad, en Syrie, a appris que le soutien russe ne garantissait pas la survie de son régime face aux forces rebelles. De même, Nicolás Maduro, au Venezuela, a été emprisonné aux États-Unis sans aide visible de la part de la Russie.
L’Iran semble aujourd’hui suivre une trajectoire similaire. Les déclarations verbales du Kremlin sur la lutte contre l’hégémonie américaine contrastent fortement avec ses actions. Si Moscou a condamné les attaques contre Téhéran et fait des gestes symboliques tels que des exercices navals conjoints, elle s’est abstenue de fournir un soutien militaire significatif.
Les limites du partenariat
Cette réticence découle de l’absence de clause de défense mutuelle dans le traité de partenariat stratégique signé entre la Russie et l’Iran. Moscou a toujours soutenu que cet accord ne constituait pas une alliance militaire. De plus, les commentaires précédents de Poutine sur la position « neutre » de la Russie lors de la première attaque américano-israélienne contre l’Iran, invoquant l’importante population russophone en Israël, éclairent ses calculs.
Le Kremlin tentera probablement de manipuler la situation à son avantage. En soulignant le mépris apparent de l’Occident pour les normes internationales, Moscou espère détourner les critiques et consolider son discours sur la défense contre l’agression occidentale. Cet événement pourrait renforcer la détermination de la Russie concernant l’Ukraine, rendant toute avancée diplomatique plus difficile.
Renforcement du sentiment anti-occidental
Des personnalités clés du Kremlin, notamment Dmitri Medvedev et Fiodor Loukianov, ont déjà utilisé la situation pour critiquer la diplomatie américaine et remettre en question l’intérêt de s’engager avec l’Occident. Moscou s’efforcera de transmettre ce message à ses alliés restants, dans l’espoir qu’ils ferment les yeux sur son inaction et se concentrent plutôt sur sa rhétorique antioccidentale. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

