Principaux renseignements
- La présidence de Trump a érodé la confiance dans la dissuasion américaine, suscitant des discussions sur des mesures de sécurité alternatives.
- Le risque de prolifération nucléaire s’étend désormais aux alliés non nucléaires qui estiment nécessaire d’avoir leurs propres moyens de dissuasion, en particulier la Corée du Sud et des pays européens comme la France et la Pologne.
- L’acquisition d’armes nucléaires présente des défis importants, notamment des contraintes réglementaires, financières et techniques, qui font du développement nucléaire une entreprise longue et ardue.
La présidence de Donald Trump a suscité des inquiétudes parmi les alliés des États-Unis quant à la fiabilité du parapluie de sécurité américain. Ses critiques de l’OTAN, son engagement avec la Russie et sa relation apparemment amicale avec la Corée du Nord ont ébranlé la confiance dans la dissuasion américaine, suscitant des discussions sur des mesures de sécurité alternatives, rapporte l’AFP.
Les experts avertissent que cette érosion de la confiance pourrait conduire à une augmentation de la prolifération nucléaire. Alors qu’elle provenait traditionnellement d’États voyous comme la Corée du Nord ou l’Iran, le risque s’étend désormais aux alliés non nucléaires qui ressentent le besoin de se doter de leurs propres moyens de dissuasion. Les analystes observent une tendance croissante à la rhétorique du « proliférateur ami » en Europe et en Asie, visant à faire pression sur Washington pour qu’il fournisse des garanties plus solides.
Inquiétudes parmi les alliés des États-Unis
Le climat géopolitique actuel ne fait qu’exacerber ces inquiétudes. Les conflits en cours dans diverses régions, associés à l’absence de mécanismes fiables de résolution des conflits, amplifient le besoin perçu d’autosuffisance chez les alliés des États-Unis. La recherche par Trump d’accords de contrôle des armements avec la Russie et la Chine fait craindre que les alliés européens et asiatiques ne soient laissés vulnérables.
La Corée du Sud, en raison de sa proximité avec la Corée du Nord, est considérée comme le candidat le plus probable à l’acquisition d’une arme nucléaire parmi les alliés des États-Unis. Si l’opinion publique reste très favorable à la nucléarisation, les élites sud-coréennes sont prudentes quant aux ramifications potentielles. En Europe, des discussions sur l’extension de la dissuasion nucléaire de la France à d’autres pays ont vu le jour. La Pologne, bien qu’elle ne poursuive pas officiellement un programme nucléaire, n’en a pas exclu la possibilité à l’avenir.
Les défis de la prolifération nucléaire
Malgré ces préoccupations, l’acquisition d’armes nucléaires pose des problèmes importants. Le traité de 1968 sur la non-prolifération des armes nucléaires lie les alliés des États-Unis et s’en retirer est un processus complexe. En outre, il existe des contraintes réglementaires, financières et techniques qui font du développement nucléaire une entreprise longue et ardue. Des nations rivales pourraient également tenter de saboter ces programmes.
La réponse de l’administration Trump aux efforts de prolifération potentiels de ses alliés reste incertaine. Historiquement, les États-Unis ont utilisé une combinaison de pression et de réassurance pour aborder cette question. Toutefois, les experts avertissent qu’une évolution de la politique américaine vers une approche plus isolationniste pourrait accroître considérablement le risque de prolifération nucléaire parmi les alliés. L’engagement bipartisan de longue date en faveur de la non-prolifération pourrait être menacé par le programme « America First », ce qui pourrait conduire à un ordre mondial plus instable et plus dangereux.
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