La Pologne propose une « légion européenne » pour renforcer la sécurité de l’UE


Principaux renseignements

  • La Pologne propose la création d’une « légion européenne » multinationale afin de renforcer la sécurité de l’UE.
  • Cette brigade serait chargée de faire face aux menaces moins graves, sans la complexité d’une armée européenne à part entière.
  • Certains craignent que des structures distinctes ne créent une confusion quant aux responsabilités et un double emploi au sein de l’OTAN.

Radosław Sikorski, ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre de Pologne, propose une nouvelle approche pour renforcer la sécurité européenne. Il a suggéré la création d’une « légion européenne », une force multinationale qui recruterait non seulement du personnel provenant des États membres actuels de l’UE, mais aussi des pays candidats à l’adhésion. Sikorski reconnaît qu’il n’est pas réaliste de créer une armée européenne fédérale pleinement intégrée, citant les préoccupations liées à la souveraineté nationale comme un obstacle majeur.

Proposition plus modeste

Il envisage plutôt une unité de la taille d’une brigade, ouverte aux citoyens des États membres et des pays candidats. Sikorski affirme que cette légion ne suffirait pas à dissuader une attaque à grande échelle, telle que celle de la Russie contre l’Ukraine. Cependant, selon lui, elle aiderait l’UE à faire face à des « menaces moins importantes » dans des régions telles que l’Afrique du Nord et les Balkans.

La proposition de Sikorski s’inscrit dans le cadre du débat sur le renforcement de la défense européenne, alimenté par l’incertitude quant au soutien américain à l’Europe. Son idée a recueilli le soutien de certaines personnalités clés, dont Kaja Kallas, la chef de la politique étrangère de l’UE, qui partage le scepticisme de Sikorski à l’égard d’une armée européenne distincte.

Les structures parallèles sont source de confusion

Kallas estime que la création de structures militaires parallèles ne ferait que compliquer les choses et brouiller les lignes de responsabilité. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a également exprimé ses réserves à l’égard d’une armée européenne, suggérant que cela conduirait à des doublons inutiles et à une complexité accrue au sein du cadre de sécurité transatlantique existant.

Le débat sur l’avenir de la défense européenne est encore alimenté par les récentes déclarations du président américain Donald Trump concernant le Groenland. Son intérêt pour l’achat de ce territoire, qui appartient au Danemark, membre de l’OTAN, suscite l’inquiétude. Cela soulève des questions quant à la stabilité et à l’engagement à long terme de l’alliance.

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