La plupart des employés de la BCE craignent des répercussions pour avoir ouvertement partagé leurs opinions


Principaux renseignements

  • La majorité du personnel de la Banque centrale européenne (BCE) craint les répercussions d’un partage ouvert des opinions. C’est ce qui ressort d’une enquête menée auprès des collaborateurs.
  • Les employés de la BCE constatent un décalage entre la diversité prônée par Christine Lagarde et la réalité d’une « culture de la peur ».
  • Les possibilités limitées de développement professionnel contribuent à la désillusion des employés et ont un impact sur leur trajectoire de carrière.

Une récente enquête menée auprès du personnel de la Banque centrale européenne (BCE), rapportée par Politico, révèle un manque inquiétant de confiance dans la communication ouverte au sein de l’institution.

Préoccupations concernant la communication ouverte

La majorité des personnes interrogées ont exprimé leur appréhension à l’idée d’exprimer librement leurs opinions sans craindre de répercussions de la part de leurs supérieurs. Ce constat soulève des questions sur la qualité des débats et des prises de décision à la BCE sous la direction de la présidente Christine Lagarde. Les résultats de l’enquête interviennent alors que des spéculations persistent sur la possibilité que Lagarde mette fin prématurément à son mandat de huit ans.

Pour compliquer encore la situation, la BCE fait actuellement l’objet d’une action en justice de la part de son syndicat du personnel pour avoir prétendument tenté d’étouffer la liberté d’expression. L’enquête elle-même a recueilli un taux de réponse élevé de 75 pour cent et a ensuite été communiquée au personnel lors d’une réunion publique.

Désillusion parmi les employés

Les données dressent un tableau de la désillusion parmi les employés. Alors que Lagarde défend publiquement la diversité et l’inclusion, l’enquête suggère un décalage flagrant entre son discours et les expériences vécues par le personnel de la BCE à Francfort.

Le syndicat du personnel de la BCE exprime depuis longtemps ses préoccupations concernant une « culture de la peur » au sein de l’institution, qui encourage l’autocensure et limite la diversité des points de vue. Ces préoccupations ont conduit le syndicat à intenter une action en justice contre la BCE pour avoir tenté de réprimer leur expression publique.

Risque politique

Le syndicat souligne la gravité de ces conclusions, affirmant que lorsque les employés hésitent à s’exprimer ouvertement, cela dépasse le cadre des ressources humaines et devient un risque politique potentiel. La situation est encore aggravée par le fait que moins d’un tiers du personnel estime que la BCE entretient une communication ouverte avec ses employés.

Si de nombreux membres du personnel de la BCE expriment leur fierté à l’égard de la mission de l’institution et trouvent une source d’inspiration dans son travail, moins d’un tiers d’entre eux la recommanderaient comme lieu de travail souhaitable. L’évolution de carrière apparaît comme une préoccupation importante, un défi courant dans les institutions financières publiques.

Possibilités limitées de développement professionnel

L’enquête a révélé que quatre employés sur dix estiment que les possibilités de développement professionnel sont limitées, ce qui jette une ombre sur les perspectives d’évolution de carrière au sein de la BCE. Ce sentiment est encore amplifié par le fait que 20 pour cent des employés supplémentaires sont incertains quant à leur future trajectoire professionnelle au sein de la banque centrale.

Malgré ces défis, l’enquête permet de tirer quelques conclusions positives. Près des deux tiers des personnes interrogées ont déclaré se sentir traitées équitablement par la BCE, un chiffre conforme aux enquêtes précédentes, même si certaines préoccupations concernant le favoritisme ont été exprimées. Cependant, l’absence de questions sur les facteurs influençant l’évolution de carrière a suscité de vives critiques de la part du syndicat lors du lancement de l’enquête.

Réponse de la BCE

La BCE s’est engagée à donner suite aux conclusions de l’enquête par des mesures concrètes. Il s’agit notamment de donner aux cadres les moyens d’avoir des conversations plus constructives avec le personnel sur le développement, d’établir des canaux de communication directs et de dialoguer avec les employés de longue date afin de comprendre et de répondre à leurs préoccupations spécifiques. (uv)

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