La N-VA s’oppose au gouvernement de plein exercice Wilmès II

Vandenbroeck / Isopix

Sans surprise, le gouvernement en affaires courantes de Sophie Wilmès s’est transformé en gouvernement de plein exercice. Il aura la lourde tâche de combattre la crise sanitaire. La N-VA ne décolère pas. Les autres partis néerlandophones sont eux rentrés dans le rang. Qu’on ne s’y trompe pas, la crise politique n’est que reportée.

Le gouvernement Wilmès II est né. Il a reçu à la Chambre le vote de confiance à 84 voix contre 44 et aucune abstention. Outre les partis au sein de ce gouvernement (MR, Open VLD, CD&V), l’exécutif a été soutenu par le PS, Ecolo, Groen, le cdH, DéFI et… le sp.a, qui se range face à l’urgence de la situation.

S’il s’agit d’une large majorité, la Première ministre n’y voit pas ‘un blanc-seing’ de la part des autres partis. Son objectif est simple: ‘Protéger la santé de nos concitoyens.’ C’est d’ailleurs dans ce principal contexte que ce gouvernement évoluera. Avec dans trois mois une évaluation, et dans six mois, une négociation qui s’annonce déjà épique.

Car oui, la N-VA, qui avait d’abord prévu de soutenir le gouvernement dans une sorte d’union nationale a changé d’avis. Pour Peter De Roover, chef de groupe N-VA à la chambre, ‘Wilmès demande, sans aucun programme, de le promouvoir au rang de gouvernement de plein exercice. La question de la confiance dans Wilmès II est le résultat flagrant de la méfiance des partis francophones à l’égard de la N-VA. Il y avait la piste d’un gouvernement d’urgence concentré uniquement sur la lutte contre le coronavirus. La crainte d’une contamination par la N-VA était plus importante que la crainte de la contamination par le corona’, a compilé le Vif. Le député fait référence à l’accord que la N-VA avait avec le PS, pour enclencher un gouvernement d’urgence autour des deux partis. Et pas la reconduite d’une Suédoise amputée… de cette même N-VA.

Le député a néanmoins précisé que sont soutiendra les mesures qui concernent la lutte contre le coronavirus, mais pas question d’offrir la confiance à ce gouvernement-là.

‘Coronadictatuur’

Depuis plusieurs jours, les nationalistes se déchaînent sur les réseaux sociaux, mais communiquent aussi largement pour ne pas afficher leur mauvaise volonté face à la crise. La sortie de Theo Francken sur ‘la coronadictatuur’ (pas besoin de traduction) a toutefois fait beaucoup réagir. Le député et ex-secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration a récolté l’unanimité contre lui.

Le Vlaams Belang a depuis longtemps affiché son rejet des partis traditionnels. Son président, Tom Van Grieken, a taclé la soi-disant unité du pays, et promet que ‘l’Histoire’ jugera ce gouvernement ‘sévèrement’. Le PTB, à l’extrême gauche, a refusé d’accorder sa confiance à Wimès II, là aussi pour s’afficher en tant que parti anti-système. Mais son président Raoul Hedebauw a néanmoins admis que le PTB se montrerait ‘constructif’ quand il le faudra.

454 jours après la chute du gouvernement Michel (MR) en décembre 2018, la Belgique a de nouveau un gouvernement de plein exercice. Tout baigne alors ? Non. Car au sein même de ce gouvernement, la crise couve avec le CD&V. Mais aussi en dehors, avec le parti socialiste flamand sp.a. Sans doute plus que jamais auparavant, la plupart des partis flamands n’ont été aussi peu sur la même longueur d’onde que leurs voisins du sud.