La Hongrie élit Péter Magyar à la tête du pays, mettant ainsi fin aux seize années de règne d’Orbán


Principaux renseignements

  • Péter Magyar a remporté une victoire écrasante aux élections hongroises, mettant fin aux 16 ans de règne de Viktor Orbán.
  • La majorité qualifiée dont dispose Magyar lui permet de mettre en œuvre des réformes radicales et de renverser les politiques illibérales d’Orbán.
  • Ce résultat marque un tournant vers un renforcement des liens avec l’UE et un éventuel apaisement des tensions avec l’Ukraine.

Le mandat de 16 ans de Viktor Orbán en tant que Premier ministre hongrois a pris fin à la suite d’une défaite électorale décisive dimanche. Cette défaite a provoqué une onde de choc dans le paysage politique, affectant non seulement la Hongrie mais aussi les relations internationales. Péter Magyar, l’adversaire d’Orbán, est en passe d’obtenir une majorité qualifiée au parlement de 199 sièges, remportant 138 sièges selon les projections, contre 55 pour le Fidesz.

Orbán a reconnu sa défaite avec émotion, affirmant son engagement à servir la nation depuis l’opposition. À l’inverse, Magyar a célébré sa victoire avec des partisans en liesse, la qualifiant de libération de la Hongrie et promettant des changements significatifs. Sa victoire écrasante lui confère le pouvoir de modifier la Constitution et de démanteler des aspects clés de la « démocratie illibérale » d’Orbán, notamment en assouplissant le contrôle sur le pouvoir judiciaire, les entités publiques et les médias.

Soulagement pour l’UE

Magyar a appelé à des démissions massives au sein de diverses institutions, exhortant le président et les dirigeants d’organismes influents tels que la Cour suprême et l’autorité des médias à démissionner. Il a souligné le désir de la Hongrie de redevenir un allié solide au sein de l’UE et de l’OTAN. Ses premiers voyages à l’étranger donneront la priorité à la Pologne, à l’Autriche et à Bruxelles, dans le but de récupérer les milliards d’euros de fonds européens gelés en raison des inquiétudes concernant le recul démocratique sous le régime d’Orbán.

Le départ d’Orbán est un soulagement pour l’UE, qui a dû faire face à son exploitation des faiblesses systémiques. Il était connu pour s’aligner sur Poutine et bloquer le soutien crucial de l’UE à l’Ukraine. Bien que Magyar n’ait pas explicitement déclaré s’il lèverait le veto de la Hongrie sur l’aide à l’Ukraine, il s’est engagé à résoudre les questions en suspens avec les voisins européens.

Félicitations internationales

Cette victoire a eu un écho mondial. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’est réjouie du regain de force de l’Europe en Hongrie. La défaite d’Orbán a également porté un coup au mouvement MAGA, qui voyait en lui un modèle pour sa propre forme de nationalisme. Malgré le soutien de personnalités éminentes au sein du mouvement, la campagne d’Orbán a finalement été sapée par le mécontentement croissant de la population face aux difficultés économiques de la Hongrie et aux allégations de corruption.

Les dirigeants mondiaux ont rapidement félicité Magyar. Le président français Emmanuel Macron a souligné que cette victoire témoignait de la participation démocratique et de l’attachement de la Hongrie aux valeurs de l’UE. Le chancelier allemand Friedrich Merz a lancé une invitation à collaborer pour une Europe plus forte et plus unie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, souvent freiné par l’alignement d’Orbán sur la Russie, s’est déclaré prêt à renforcer la coopération avec la Hongrie sous la nouvelle direction.

Une majorité qualifiée

La majorité qualifiée du parti Tisza de Magyar revêt une importance considérable. Elle lui permet de mettre en œuvre les réformes judiciaires cruciales nécessaires pour retrouver l’accès aux fonds européens gelés et inverser l’érosion démocratique sous Orbán. La capacité à écarter les fidèles du Fidesz des postes clés renforce encore davantage sa position pour mener à bien ces changements.

Fort de ce mandat écrasant, le nouveau gouvernement peut démanteler les structures qui confèrent une influence indue sur 80 pour cent des médias hongrois, récupérer les actifs publics transférés à des organisations alignées sur Orbán et réviser les règles électorales afin de favoriser un paysage démocratique plus inclusif. Cela ouvre la voie au retour de la Hongrie vers un véritable pluralisme.

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