Principaux renseignements
- La hausse des températures mondiales augmente considérablement la sédentarité, ce qui touche particulièrement les pays à faible et moyen revenu.
- La sédentarité liée à la chaleur menace la santé publique en aggravant les maladies chroniques et en contribuant à des décès prématurés.
- Des stratégies d’urbanisme respectueuses du climat peuvent atténuer les effets négatifs de la chaleur sur les niveaux d’activité physique.
La hausse des températures mondiales constitue une menace sérieuse pour la santé publique, car elle peut rendre l’exercice physique plus difficile et entraîner une augmentation significative des décès prématurés.
L’impact de la chaleur sur l’activité physique
Une étude récente a analysé les données de 156 pays sur deux décennies, modélisant l’impact de la hausse des températures sur les niveaux d’activité physique. Les recherches ont révélé une forte corrélation entre la hausse des températures et l’augmentation de l’inactivité, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu. Chaque mois supplémentaire avec une température moyenne supérieure à 27,8 °C était associé à une augmentation de 1,5 point de pourcentage de l’inactivité mondiale, ce chiffre grimpant à 1,85 point dans les régions à faible revenu.
L’étude publiée dans The Lancet Global Health attribue cette tendance aux effets physiologiques de la chaleur sur l’organisme. Les températures élevées augmentent le flux sanguin vers la peau et la transpiration, ce qui sollicite davantage le système cardiovasculaire, accroît le risque de déshydratation et rend l’effort physique plus difficile.
Conséquences sanitaires de l’inactivité
L’inactivité physique est déjà un facteur majeur de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers et les troubles de santé mentale, qui peuvent tous réduire l’espérance de vie. D’ici 2050, l’étude estime que l’inactivité liée à la chaleur pourrait contribuer à 500 000 décès prématurés supplémentaires par an, ainsi qu’à des pertes économiques substantielles dues à une baisse de productivité.
L’impact devrait être le plus grave dans les régions déjà chaudes comme l’Amérique centrale, les Caraïbes, l’est de l’Afrique subsaharienne et le sud-est de l’Asie équatoriale, où les niveaux d’inactivité pourraient augmenter de plus de quatre points de pourcentage par mois. En outre, l’étude suggère que les femmes pourraient connaître une augmentation plus importante de l’inactivité en raison d’un accès limité aux espaces de loisirs climatisés et de budgets de santé publique sous pression.
Promouvoir l’activité physique dans un climat en mutation
Ces résultats soulignent la nécessité de reconnaître l’activité physique comme un enjeu crucial de santé publique influencé par le changement climatique, plutôt que comme un simple choix de mode de vie individuel. Les chercheurs préconisent des stratégies d’aménagement urbain favorisant l’activité physique, telles que la création de réseaux d’ombrage interconnectés, l’utilisation de surfaces réfléchissantes, l’intégration d’éléments aquatiques et le développement d’espaces publics protégés des intempéries.
Ces interventions d’aménagement améliorent non seulement le confort par temps chaud, mais offrent également des avantages supplémentaires tels que l’atténuation des troubles du sommeil liés à la chaleur, la préservation des fonctions cognitives et la protection de la productivité au travail. Il est essentiel de favoriser une activité physique régulière pour le bien-être individuel et sociétal, car des études ont systématiquement démontré ses bienfaits en termes d’allongement de la durée de vie. (fc)
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