Principaux renseignements
- La hausse des prix du pétrole et l’affaiblissement du marché de l’emploi ont réduit la probabilité de multiples baisses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale.
- Les prévisions du marché tablent désormais sur une ou deux baisses seulement cette année, la première pouvant être reportée à septembre.
- La Réserve fédérale est confrontée à une décision difficile, devant trouver un équilibre entre la nécessité de stimuler l’économie et le risque d’alimenter davantage l’inflation.
La perspective d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale est devenue moins certaine en raison de la hausse des prix du pétrole et de l’affaiblissement du marché de l’emploi. Au départ, beaucoup anticipaient deux baisses des taux avant les élections de mi-mandat de novembre, espérant que la Fed stimulerait l’économie et répondrait aux préoccupations liées au coût de la vie.
Évolution des attentes du marché
Cependant, les événements récents ont modifié les attentes du marché. Les traders ne prévoient désormais qu’une ou deux baisses des taux cette année, la première n’intervenant pas avant septembre. Ce changement est largement attribué à la flambée des prix du pétrole suite à l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate a bondi de 36 pour cent, atteignant son plus haut niveau depuis 1983, ce qui a poussé le prix de l’essence au-dessus de 3,30 dollars (3,78 litres) le gallon.
Pour compliquer encore la situation, le marché du travail américain a montré des signes de ralentissement en février, avec la perte de 92 000 emplois. Les économistes mettent en garde contre un scénario potentiel de « stagflation », dans lequel la croissance économique ralentit tandis que l’inflation persiste.
Les priorités de la Fed
La combinaison de la hausse des coûts de l’énergie et de l’affaiblissement du marché de l’emploi a intensifié le débat au sein de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur ses priorités. Certains membres, connus sous le nom de « colombes », préconisent de donner la priorité à la croissance de l’emploi et de soutenir l’économie par des baisses de taux. D’autres, connus sous le nom de « faucons », se concentrent davantage sur la maîtrise de l’inflation.
Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) doit se réunir à la mi-mars, où il devrait maintenir les taux d’intérêt actuels. La réunion comprendra également la publication des projections actualisées du « dot-plot », indiquant l’évolution probable des taux à l’avenir.
Si certains responsables de la Fed restent optimistes quant à la résilience de l’économie, reconnaissant le caractère temporaire du choc pétrolier, d’autres s’inquiètent de la persistance de l’inflation. Le conflit avec l’Iran ajoute une couche supplémentaire d’incertitude, pouvant contraindre la Fed à faire face aux pressions inflationnistes résultant de l’instabilité géopolitique. (fc)
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