Principaux renseignements
- La hausse des prix du gaz a permis de rétablir la rentabilité des centrales à charbon encore en activité en Europe.
- Le charbon comble le déficit énergétique et contribue à maintenir la stabilité des réseaux électriques en Allemagne et en Pologne.
- L’instabilité géopolitique ralentit la transition des combustibles fossiles vers des sources d’énergie plus propres à long terme.
Les centrales à charbon encore en activité en Europe sont redevenues rentables cette année. Cela s’explique par une pénurie mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) et par la hausse des coûts des combustibles, selon Bloomberg.
Approvisionnements limités en gaz stimulent le secteur européen du charbon
Les sources d’énergie conventionnelles étant essentielles au maintien de la stabilité du réseau électrique, ces centrales sont à nouveau viables financièrement. Cela vaut particulièrement pour la Pologne et l’Allemagne, où se trouve la majeure partie de l’infrastructure charbonnière européenne.
Cette reprise intervient alors que les prix du gaz atteignent des niveaux jamais vus depuis la crise énergétique de 2022 et 2023. Parallèlement, les livraisons via le détroit d’Ormuz restent limitées.
Charbon comble le déficit énergétique
Bien que de nombreux pays européens, dont l’Allemagne, aient précédemment fermé des centrales à charbon afin d’atteindre leurs objectifs environnementaux, les sites restants revêtent désormais une importance cruciale. Alors que la production de gaz diminue en raison des mesures d’économie et d’une baisse de la demande, le charbon a comblé le déficit afin de maintenir la stabilité des réseaux électriques.
Les données d’Energy Aspects montrent que la rentabilité des centrales allemandes au lignite a atteint ce mois-ci environ 64 euros par mégawattheure. À la même période l’année dernière, ces centrales n’enregistraient encore aucun bénéfice. Les experts s’attendent à ce que ces marges élevées se maintiennent jusqu’en mars.
Risques à long terme
Selon le dernier rapport semestriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la tendance à long terme montre certes une baisse de la consommation européenne de charbon, mais le rythme de cette baisse ralentit. L’agence estime la demande européenne totale de charbon à 276 millions de tonnes en 2026, contre 292 millions de tonnes en 2025. Ce chiffre est inférieur à celui de l’année dernière, mais supérieur aux prévisions antérieures.
L’AIE attribue cette évolution aux prix élevés du gaz, qui ont rendu plus attractive la capacité de production de charbon disponible dans des pays comme la Pologne et l’Allemagne. L’agence a par ailleurs averti que des conditions météorologiques hivernales rigoureuses ou une instabilité géopolitique, comme les récentes tensions en Iran, pourraient entraîner temporairement une hausse de la consommation de charbon. (lv)
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