La guerre en Iran fait grimper les prix des matériaux essentiels pour les semi-conducteurs


Principaux renseignements

  • La guerre en Iran a perturbé les chaînes d’approvisionnement de matières premières cruciales telles que le tungstène, le soufre et l’hélium.
  • Le contrôle croissant de la Chine sur ces éléments essentiels représente un risque important pour la production de semi-conducteurs et le progrès technologique.
  • La pénurie d’hélium est particulièrement grave en raison de l’interruption de la production au Qatar, ce qui laisse présager un impact prolongé sur la fabrication et l’innovation.

Ces dernières semaines ont vu une flambée des prix de trois matières premières de niche : le tungstène, le soufre et l’hélium. Cette escalade des prix, dépassant dans certains cas même celle du pétrole, met en évidence les répercussions potentielles du conflit au Moyen-Orient sur la production de semi-conducteurs, qui est cruciale pour les progrès en matière d’intelligence artificielle.

L’influence croissante de la Chine

L’influence de la Chine sur ces approvisionnements critiques s’était déjà accrue avant même le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février. Les tensions avec les États-Unis ont incité Chine à resserrer son contrôle sur les exportations et à constituer des réserves. Ainsi, le tungstène, un métal réputé pour sa dureté, joue un rôle vital dans la création de connexions électriques au sein des puces semi-conductrices. De plus, l’acide sulfurique, un dérivé du soufre, est essentiel au nettoyage des plaquettes de silicium. Enfin, les propriétés uniques de l’hélium permettent une production fluide des semi-conducteurs en empêchant les réactions chimiques indésirables pendant le processus de fabrication.

Ces éléments sont devenus indispensables pour l’industrie manufacturière moderne. Ils jouent aussi un rôle clé dans les applications de défense. Ainsi, la Chine a imposé des restrictions à l’exportation de tungstène il y a un peu plus d’un an. De plus, elle a appelé à des limites plus strictes sur les exportations d’acide sulfurique en décembre. Par ailleurs, les importations chinoises d’hélium ont fortement augmenté en 2024. Elles ont continué à croître en 2025.

Impact de la guerre en Iran

La guerre en Iran et son impact sur le détroit d’Ormuz ont aggravé la situation. En effet, cette voie maritime est cruciale pour l’énergie et les produits chimiques. Ainsi, ces perturbations ont exacerbé les pénuries existantes. Elles ont même transformé des situations de surproduction en pénurie. Par conséquent, les prix ont fortement augmenté. Ceux du tungstène, du soufre et de l’hélium ont connu des hausses importantes. Elles ont même dépassé celles du pétrole, qui a pourtant grimpé de plus de 50 pour cent en mars.

Les analystes de Goldman Sachs, qui ont récemment mené des recherches approfondies sur la chaîne d’approvisionnement chinoise en matières premières, notent un point important. Ainsi, même si le système chinois semble plus résilient que ses homologues, le risque de perturbation reste élevé. En effet, cela concerne l’approvisionnement en produits chimiques utilisés comme matières premières par les fabricants. De plus, ce risque est plus élevé que prévu.

Tungstène, soufre et hélium

Les prix du tungstène ont atteint des sommets historiques, dépassant les 3 000 dollars par tonne métrique, soit une hausse de plus de 50 pour cent en mars et un triplement depuis fin décembre. Selon Lewis Black, PDG d’Almonty, un producteur de tungstène, la demande émanant du secteur de la défense est forte depuis le début de l’année dernière, rapporte CNBC. Les prix du soufre en Afrique sont désormais supérieurs d’au moins 30 pour cent aux niveaux d’avant-guerre et continuent d’augmenter. Les prix du soufre en Chine, coûts et frais de transport compris, ont grimpé d’environ 13 pour cent depuis début mars, atteignant 621 dollars la tonne le 26 mars.

Les prix de l’hélium ont pratiquement doublé depuis le début de la guerre en Iran, selon Fitch Ratings. Les attaques de missiles iraniens de ce mois-ci ont paralysé un centre de production d’hélium clé au Qatar, qui représente environ un tiers de la production mondiale d’hélium. Cela laisse penser que l’approvisionnement en hélium ne devrait pas se rétablir de sitôt.

Ces pénuries illustrent une nouvelle fois les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Ainsi, des chocs similaires ont été observés après invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et la COVID-19. Cela a poussé les entreprises à diversifier leurs stratégies d’approvisionnement. De plus, des pays comme la Chine accélèrent leurs efforts de constitution de stocks. Cependant, un problème persiste. La transparence des prix reste limitée sur ces marchés de matières premières de niche. Par conséquent, la pénurie pourrait être plus grave que ne le suggèrent les données actuelles.

(jw)(fc)

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