Principaux renseignements
- La guerre en Iran attise les craintes inflationnistes, ce qui pourrait conduire la Réserve fédérale à relever ses taux d’intérêt.
- La hausse des prix de l’essence érode le revenu disponible des consommateurs.
- La Fed doit trouver un équilibre délicat entre la maîtrise de l’inflation et le soutien à l’emploi.
La Réserve fédérale américaine est confrontée à un dilemme économique difficile, déclenché par la guerre en cours en Iran.
Craintes inflationnistes
La hausse des coûts du carburant, exacerbée par le conflit, fait grimper l’inflation. Cela a conduit des hauts responsables tels que Beth Hammack, présidente de la Banque fédérale de réserve de Cleveland, à envisager une hausse des taux d’intérêt pour la première fois depuis des années. Bien que Hammack préfère maintenir le taux de référence actuel pendant un certain temps, elle reconnaît qu’une inflation persistante pourrait nécessiter une hausse.
À l’inverse, si le marché du travail connaît un ralentissement significatif, Hammack envisage des baisses de taux à titre de mesure de relance.
Les indicateurs économiques pointent vers l’inflation
Les indicateurs économiques actuels dressent un tableau inquiétant. Les économistes prévoient que l’inflation annuelle atteindra 3,1 pour cent en mars, contre 2,4 pour cent en février. Les propres projections de Hammack suggèrent qu’elle pourrait grimper encore plus haut, à 3,5 pour cent en avril, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 2024.
La flambée des coûts énergétiques a un impact direct sur les consommateurs. Les prix de l’essence ont fortement augmenté depuis le début de la guerre, s’établissant en moyenne à 4,12 dollars le gallon (3,78 litres) à l’échelle nationale, soit une hausse de 80 cents par rapport au mois précédent. Hammack rapporte que la hausse des prix de l’essence est la principale préoccupation dont lui font part les habitants de sa circonscription, car elle érode considérablement leur revenu disponible.
Équilibre entre inflation et emploi
La Fed est confrontée à un exercice d’équilibre difficile. Elle a pour mandat, donné par le Congrès, de viser à la fois une faible inflation et le plein emploi. Cependant, la guerre en Iran menace ces deux objectifs simultanément. La hausse des coûts du carburant pourrait inciter les consommateurs à réduire leurs dépenses, ce qui ralentirait la croissance économique et pourrait accroître le chômage. Ce scénario justifie généralement des baisses de taux. Mais une inflation persistante exerce une pression dans le sens inverse.
L’impact final du conflit sur l’économie américaine reste incertain et dépendra de sa durée et de l’ampleur de la hausse des prix de l’énergie. La guerre a déjà dépassé les prévisions initiales de Hammack quant à sa durée, ce qui complique encore davantage le processus décisionnel de la Fed.
Conflit potentiel avec le président Trump
À cette complexité s’ajoute le conflit potentiel avec le président Trump, qui a critiqué à plusieurs reprises la Fed pour ne pas avoir baissé les taux de manière plus agressive. Il préconise un taux de référence aussi bas que 1 pour cent, soit nettement en dessous du niveau actuel d’environ 3,6 pour cent.
D’autres responsables de la Fed ont également laissé entendre la possibilité de hausses de taux, et le compte-rendu de la réunion de janvier de la Fed a révélé que plusieurs membres étaient favorables à l’inclusion d’une formulation reconnaissant la possibilité d’« ajustements à la hausse ». (fc)
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