Principaux renseignements
- La guerre en Iran fait grimper les prix du pétrole et du gaz.
- Tout comme lors de la crise énergétique il y a quelques années, la hausse des prix de l’énergie peut stimuler l’inflation.
- Les économistes d’ING estiment que le prix du pétrole pourrait atteindre 100 à 140 dollars le baril si le conflit ne prend pas fin rapidement.
Contexte : Vendredi dernier, les États-Unis et Israël ont lancé une grande offensive militaire conjointe contre l’Iran.
- Au cours de ces attaques, ils ont tué le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
- L’Iran a à son tour lancé des contre-attaques massives contre plusieurs bases militaires américaines au Moyen-Orient, notamment au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Hausse du prix du pétrole
Interprétation (1) : Le conflit militaire au Moyen-Orient fait déjà grimper le prix du pétrole.
- L’Iran produit environ 3,5 millions de barils de pétrole par jour, ce qui correspond à environ 3 pour cent de la production mondiale. Si la production dans ce pays s’arrête, cela aura certainement un impact sur le marché pétrolier.
- Les experts soulignent toutefois que le principal danger réside dans un éventuel blocage du détroit d’Ormuz. Il s’agit d’un détroit entre l’Iran et Oman qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan. « Chaque jour, pas moins de vingt millions de barils de pétrole sont transportés par cette voie. Même une perturbation partielle peut entraîner un choc du côté de l’offre », expliquent Carsten Brzeski et plusieurs autres économistes de la grande banque ING.
- Le prix du pétrole oscille actuellement autour de 78 dollars le baril. Avant le début de l’action militaire, ce prix oscillait autour de 72 dollars.
De plus, plus de 100 milliards de mètres cubes sont également transportés chaque jour via le détroit d’Ormuz. Un conflit prolongé aurait donc également un impact à la hausse sur les prix du gaz.
- Le prix de gros européen oscille actuellement autour de 39,5 euros par mégawattheure, contre un peu moins de 32 euros par mégawattheure vendredi.
Deux scénarios possibles
Perspectives : selon les économistes d’ING, deux scénarios sont possibles.
- Tout d’abord, il y a le scénario dans lequel le conflit au Moyen-Orient prend rapidement fin. Dans ce cas, le détroit d’Ormuz ne serait pas bloqué. Brzeski note à cet égard que Téhéran dépend énormément de cette route maritime pour ses exportations de pétrole vers la Chine. « Dans ce cas, les consommateurs et les entreprises ne paieraient qu’une « prime de guerre » temporaire, sans conséquences macroéconomiques importantes », explique-t-il.
- Selon le deuxième scénario envisagé par la grande banque, l’Iran ne mettrait pas fin à ses représailles, ce qui prolongerait la guerre. « Cela conduirait finalement à des attaques des Houthis contre le trafic maritime dans la mer Rouge et à des tentatives de perturbation du détroit d’Ormuz », selon les économistes d’ING. Ils n’excluent pas que, dans un tel cas, le prix du pétrole puisse atteindre 100 à 140 dollars le baril. Le prix du gaz européen pourrait alors remonter à 80 à 100 euros par mégawattheure.
Impact sur l’inflation dans la zone euro
Zoom : Si le deuxième scénario d’ING se réalise, les consommateurs devront débourser beaucoup plus pour leur consommation d’énergie.
- « L’Europe importe la quasi-totalité de son pétrole et une part importante de son GNL. Une forte hausse des prix de l’énergie et peut-être même une perturbation de l’approvisionnement énergétique pourraient rappeler la crise énergétique de fin 2021 à 2023 », notent Brzeski et son équipe. Ils ajoutent toutefois qu’il existe deux différences majeures par rapport à l’époque : l’Europe ne dépend plus d’un seul fournisseur d’énergie important, et la crise du marché pétrolier survient à la fin de l’hiver, et non au début.
N’oubliez pas : la hausse des prix de l’énergie stimule l’inflation. Ce fut également le cas lors de la crise énergétique. En octobre 2022, l’inflation dans la zone euro avait atteint 10,6 pour cent. En janvier, elle s’élevait à 1,7 pour cent.
- En décembre, une analyse de la Banque centrale européenne (BCE) a montré qu’une hausse de 14 pour cent des prix du pétrole entraînerait une augmentation de l’inflation de 0,5 point de pourcentage.
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