Principaux renseignements
- La France a renforcé sa défense aérienne en commandant quatre unités de tir SAMP/T NG supplémentaires.
- Ces systèmes mobiles neutralisent les menaces hypersoniques et balistiques à plus de 150 km de distance.
- Les pays européens sont confrontés à un déficit de financement annuel de 50 milliards d’euros pour atteindre l’autonomie stratégique en matière de défense.
La France renforce ses infrastructures de sécurité terrestres en acquérant quatre unités de tir SAMP/T NG supplémentaires. Ce dernier marché, géré par l’Organisation de coopération en matière d’armement (OCCAR), porte à douze le nombre total de systèmes commandés.
Produites par le consortium Eurosam, un partenariat réunissant Thales et les filiales françaises et italiennes de MBDA, ces unités permettront à la Force aérienne et spatiale française de disposer d’une stratégie de défense sophistiquée à plusieurs niveaux, utilisant à la fois les missiles MICA VL et Aster.
Modernisation de la défense européenne
Selon Eurosam, cette extension constitue un élément central d’une initiative plus large lancée en 2021 visant à moderniser la défense antimissile à longue portée de l’Europe.
L’entreprise a souligné que le maintien d’une technologie de défense souveraine et de pointe est essentiel pour faire face aux menaces sécuritaires de plus en plus complexes auxquelles le continent est aujourd’hui confronté.
Capacités opérationnelles
Chaque unité de tir mobile est conçue pour un déploiement rapide et devient pleinement opérationnelle en moins d’une demi-heure. Ces systèmes offrent une protection complète à 360 degrés et peuvent cibler des menaces situées à plus de 150 km.
Une unité type se compose d’un module d’engagement, d’un radar de détection et d’identification capable de repérer des cibles au-delà de 350 km, et de jusqu’à six lanceurs pouvant contenir au total quarante-huit missiles Aster.
Technologie d’interception avancée
Le cœur technique du système repose sur l’Aster 30 B1 et sur la version avancée Aster B1NT.
Cette dernière version dispose d’algorithmes d’interception améliorés et d’un autodirecteur en bande Ka, ce qui lui permet de neutraliser des missiles hypersoniques, des cibles à faible manœuvrabilité et des missiles balistiques de courte à moyenne portée grâce à un mécanisme de « destruction par impact ».
Collaboration internationale
Le Royaume-Uni entretient également un lien avec cette technologie par le biais de l’accord FSAF-PAAMS. Début 2024, un avenant au contrat a été signé à Paris afin de permettre au Royaume-Uni de moderniser ses missiles Aster.
Cette technologie de missiles est déjà utilisée par les destroyers de type 45 de la Royal Navy ; notamment, le HMS Diamond a utilisé le système Sea Viper pour intercepter des drones et des missiles houthis en mer Rouge. Parallèlement, l’Italie et la France ont toutes deux fourni des systèmes SAMP/T à l’Ukraine pour contrer les menaces balistiques russes.
Combler le déficit de défense du Royaume-Uni
Contrairement à la France, le Royaume-Uni ne dispose actuellement pas d’un réseau de défense aérienne terrestre à longue portée pour son propre territoire. Pour combler cette lacune, le ministre de la Défense Luke Pollard a récemment annoncé un investissement de 790 millions de livres sterling destiné à renforcer la défense du territoire national, en mettant l’accent sur les radars, le commandement et le contrôle, la protection en plusieurs couches et les contre-mesures anti-drones.
Alors que l’armée britannique utilise le système Sky Sabre à moyenne portée, actuellement déployé aux îles Malouines et en Pologne, le Royaume-Uni continue d’étudier le potentiel de défense antimissile balistique de sa flotte de destroyers.
Le coût de l’autonomie stratégique
Cette tendance à l’autonomie européenne intervient alors que des rapports de la commission de la Défense suggèrent que les membres européens de l’OTAN sont insuffisamment équipés pour faire face aux missiles de croisière, hypersoniques et balistiques.
Une étude de l’Institut de Kiel estime que le remplacement des moyens de défense américains par des alternatives européennes nécessiterait un investissement annuel supplémentaire de 50 milliards d’euros au cours des dix prochaines années.
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