La France investit des milliards pour renforcer ses stocks militaires d’ici 2030


Principaux renseignements

  • La France souhaite augmenter ses stocks de drones et de missiles de près de 400 pour cent d’ici 2030 et investit des milliards dans ses capacités de défense.
  • Ces projets font suite aux conflits géopolitiques et aux inquiétudes croissantes concernant la sécurité européenne et le rôle des États-Unis au sein de l’OTAN.
  • Outre ses stocks de munitions, la France étudie également de nouveaux systèmes d’armement, tandis que certains projets de coopération européens pourraient prendre du retard.

Selon un projet de loi sur la planification militaire consulté en exclusivité par Politico, la France entend investir massivement dans son industrie de défense. Elle prévoit ainsi d’augmenter ses stocks de drones et de missiles de 400 pour cent d’ici 2030. Cette décision fait suite aux guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, qui ont clairement montré à quelle vitesse les munitions peuvent être consommées. De plus, en Europe, les inquiétudes grandissent quant au rôle des États-Unis au sein de l’OTAN. Les tensions potentielles avec la Russie jouent également un rôle.

Une expansion massive

Dans le projet de loi du gouvernement français, qui sera présenté le 8 avril, environ 76,3 milliards d’euros sont prévus pour les dépenses totales de défense d’ici 2030. Sur ce montant, 8,5 milliards d’euros seraient destinés à la production de missiles et de drones. En outre, le projet propose une augmentation des stocks de 400 pour cent pour les drones kamikazes et de 240 pour cent pour les bombes guidées AASM Hammer, produites par Safran. Il prévoit également une augmentation supplémentaire de 30 pour cent des stocks de missiles Aster et Mica, fabriqués par MBDA.

La France se prépare à une « économie de guerre ». Cela nécessite des investissements visant à renforcer les capacités de production et la préparation militaire. Les munitions sont actuellement la priorité absolue, indique le Premier ministre Sébastien Lecornu. En effet, il souligne que les conflits récents ont démontré l’importance de la gestion des stocks.

La France envisage le développement d’un nouveau char pour succéder à l’actuel Leclerc. Cette initiative s’explique par les relations difficiles entre l’Allemagne et la France concernant leur projet commun, le Main Ground Combat System. Ainsi, le projet risque de prendre du retard. Le pays peine néanmoins à renforcer sa propre industrie de défense. MBDA, Safran et d’autres fabricants d’armes sont confrontés à un problème : la demande augmente plus vite que la production.

Europe

Depuis 2022, date de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une tendance plus large s’est dessinée en Europe, dans laquelle s’inscrivent les projets de la France. Outre la France, la plupart des pays européens ont augmenté leurs budgets de défense, comme l’Allemagne et la Belgique.

Le rôle futur des États-Unis au sein de l’OTAN joue également un rôle important, lié à la crainte qu’ils ne garantissent plus la sécurité de l’Europe. De plus, les changements potentiels dans la politique américaine sous la direction du président Donald Trump pèsent dans la balance.

La France semble moins intéressée par certains projets de défense européens. Ainsi, sa loi de programmation militaire ne prévoit aucun budget pour l’Eurodrone, un drone de reconnaissance à longue portée. Il s’agit d’un programme conjoint avec l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. (fc)

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