Principaux renseignements
- La France prévoit d’augmenter considérablement son stock d’ogives nucléaires et de mettre en service un nouveau sous-marin nucléaire.
- Pour contrer l’instabilité croissante dans le monde, la France a formé un nouveau partenariat de « dissuasion avancée » avec huit pays européens.
- Cette stratégie nucléaire élargie vise à dissuader toute agression contre la France et ses partenaires en rendant les conséquences d’une attaque incontestablement sévères.
Dans le cadre d’un changement stratégique motivé par l’instabilité croissante à l’échelle mondiale, la France a annoncé une expansion significative de sa politique de dissuasion nucléaire. Le président Emmanuel Macron, s’adressant à des officiers de marine en Bretagne, a déclaré que les décennies à venir seraient marquées par la présence durable des armes nucléaires.
Un nouveau partenariat stratégique
Pour faire face à cette évolution des menaces, la France va augmenter son stock d’ogives nucléaires, qui compte actuellement environ 300 unités. Un nouveau sous-marin nucléaire, « L’Invincible », devrait être mis en service en 2036.
La France a notamment conclu un nouveau partenariat de « dissuasion avancée » avec huit pays européen. Cela concerne notamment notre pays, ainsi que le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cette collaboration permettra aux pays participants de prendre part à des exercices impliquant les capacités nucléaires aériennes de la France et d’accueillir éventuellement des bombardiers nucléaires français sur leurs bases aériennes.
Doctrine de dissuasion nucléaire
Selon Macron, cette présence élargie compliquera les calculs stratégiques des adversaires potentiels. En outre, les pays partenaires contribueront au développement de capacités supplémentaires, notamment des systèmes d’alerte spatiaux, des systèmes avancés de défense aérienne contre les drones et les missiles, et des missiles à longue portée.
Bien que cela représente un changement majeur par rapport à la doctrine nucléaire précédente de la France, elle préserve les éléments clés établis par le président Charles de Gaulle en 1960. La France conservera le contrôle exclusif de la décision de déployer des armes nucléaires.
Questions de sécurité plus larges
L’objectif général de « dissuasion avancée » reste de dissuader toute agression en indiquant clairement que toute attaque contre la France ou ses partenaires entraînerait des conséquences inacceptables.
Auparavant, la France maintenait une certaine ambiguïté quant à ce qu’elle considérait comme des « intérêts vitaux » justifiant une riposte nucléaire. L’annonce de Macron suggère que ces intérêts englobent désormais des préoccupations plus larges en matière de sécurité européenne.
Complément à la coopération
Renforçant encore cette nouvelle approche, la France ne divulguera plus publiquement la taille de son arsenal nucléaire.
La France collabore déjà avec le Royaume-Uni, l’autre puissance nucléaire européenne, et a récemment inclus des responsables britanniques dans des exercices menés par ses forces aériennes stratégiques. À la suite du discours de Macron, la France et l’Allemagne ont annoncé conjointement leur intention de renforcer leur coopération en matière de dissuasion nucléaire, notamment par la participation de l’Allemagne aux exercices nucléaires français et le développement de capacités conventionnelles avec des partenaires européens.
Ils ont souligné que cette collaboration viendrait compléter, et non remplacer, la dissuasion nucléaire existante de l’OTAN. (fc)
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