Principaux renseignements
- La croissance économique de la zone euro a ralenti pour atteindre son rythme le plus faible depuis mai dernier, ce qui suscite des craintes de stagflation.
- Le conflit en cours au Moyen-Orient fait grimper l’inflation et perturbe les chaînes d’approvisionnement, ce qui affecte les entreprises de toute la région.
- Malgré ce ralentissement, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait tout de même relever ses taux d’intérêt dès le mois d’avril pour lutter contre la flambée de l’inflation.
L’activité économique dans la zone euro a ralenti pour atteindre son rythme le plus faible depuis mai dernier, laissant présager un environnement potentiellement stagflationniste. L’indice composite des directeurs d’achat (PMI) de S&P Global pour mars a chuté à 50,5 points, contre 51,9 points en février, indiquant une croissance atone dans un contexte d’inflation galopante alimentée par le conflit en cours au Moyen-Orient.
Tendance préoccupante dans les principales économies
Bien que le PMI soit resté au-dessus de la barre des 50 points, signe d’une croissance continue, les analystes ont relevé une tendance préoccupante. L’Allemagne, première économie de la zone euro, a connu un recul plus marqué que prévu, même si elle est restée au-dessus du seuil d’expansion. La France, en revanche, a enregistré son troisième mois consécutif sous la barre des 50 points.
Les performances du secteur des services ont été particulièrement faibles dans ces deux pays, tandis que l’industrie manufacturière a fait preuve d’une certaine résilience. Les experts ont attribué ce ralentissement à la flambée des prix de l’énergie et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement causées par la guerre, qui ont entraîné une hausse des coûts pour les entreprises à un rythme jamais vu depuis plus de trois ans.
Impact du conflit sur la reprise
Le conflit a jeté une ombre sur la reprise économique déjà fragile de la zone euro. Les marchés anticipent des hausses des taux d’intérêt par la BCE pour lutter contre la résurgence de l’inflation. Alors que la BCE surveille la situation avec prudence, les décideurs politiques n’ont pas exclu de relever les coûts d’emprunt dès leur réunion d’avril.
Boris Vujcic, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a reconnu le risque croissant de stagflation, mais a souligné la nécessité de faire preuve de souplesse et de vigilance pour répondre à l’évolution de la situation économique.
Que nous réserve l’avenir proche ?
L’indice PMI a également révélé une forte baisse des prévisions de production future, reflétant les inquiétudes croissantes concernant la durée du conflit et son impact potentiel à long terme sur la sécurité énergétique et les chaînes d’approvisionnement. S&P Global a souligné le rythme sans précédent de la hausse des prix des intrants depuis février 2023.
Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, a souligné le délicat exercice d’équilibre auquel doit se livrer la BCE pour naviguer dans cet environnement difficile. La banque centrale est confrontée à la tâche ardue de freiner l’inflation sans étouffer davantage la croissance économique.
Au-delà de la zone euro, le PMI composite britannique a également déçu les attentes, tout en restant supérieur à 50 points.
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