C’est donc officiel, le rapport sur le PIB américain vient de tomber. La croissance américaine s’est contractée de 0,9% au 2e trimestre.
C’est donc la 2e contraction en deux trimestres consécutifs, après le déclin de 1,6% au premier trimestre. Ça y est, c’est la récession aux États-Unis ? C’est plus compliqué que ça. Officieusement, on qualifie de récession une période de deux trimestres consécutifs durant laquelle la croissance ralentit.
Mais un seul organisme est habilité à définir la récession aux États-Unis: c’est le National Bureau of Economic Research (NBER). Et il ne prendra pas position avant plusieurs mois, car ce bureau se base sur beaucoup d’autres indicateurs que le PIB.
Ce qu’en dit la Maison Blanche
À la Maison Blanche, on avait déjà anticipé cette baisse de croissance. La secrétaire d’État au Trésor, Janet Yellen, se refusait de qualifier l’économie américaine comme en récession.
« Lorsque vous créez près de 400 000 emplois par mois, ce n’est pas une récession », a-t-elle récemment déclaré aux médias américains. « Une récession est une faiblesse généralisée de l’économie. Ce n’est pas ce que nous constatons actuellement. »
Il est vrai que le marché de l’emploi fait partie des signes de récession. Et en juin, le taux de chômage est resté stable à 3,6 %, ce qui est proche de son niveau le plus bas d’avant la pandémie. La Maison Blanche se garderait de toute façon de parler de récession à l’approche des élections de mi-mandat.
Ce qu’en disent les économistes
Les économistes appelés à réagir vont plutôt dans le sens de la secrétaire d’Etat. « Je ne pense pas que le NBER regarderait les données actuelles et dirait que l’économie est en récession », déclare Michael Gapen, économiste en chef pour les États-Unis chez Bank of America Securities, pour NPR.
« Nous ne sommes pas en récession, mais il est clair que la croissance de l’économie ralentit », a déclaré à CNBC Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s Analytics. « L’économie est proche de la vitesse de décrochage, elle avance mais à peine ».
Attention notamment à la confiance des ménages, dans un contexte d’inflation galopante qui ne montre pas encore clairement des signes de ralentissement. La consommation est un indicateur important qui commence à ralentir, même si toujours en faible croissance, autour de 1%.
La Fed et l’inflation
De son côté, le célèbre économiste Mohammed El-Erian n’est pas très optimiste: « Il s’agit d’une économie qui s’affaiblit à un rythme beaucoup plus rapide que ce à quoi la plupart des gens s’attendaient. L’inflation ne va pas baisser assez vite compte tenu de la vitesse à laquelle l’économie s’affaiblit. »
La Fed a augmenté les taux d’intérêt de 0,75% hier, ce qui a été perçu positivement par les marchés, car cela pourrait montrer un premier signe d’une désescalade dans la montée des taux. Mais il n’est pas du tout exclu que la Fed, voyant que l’inflation ne baisse assez, soit contrainte de reprendre sa marche en avant, toujours avec ce risque de récession qui lui pend au nez.