Principaux renseignements
- La confiance du public envers le président russe Vladimir Poutine a chuté à son plus bas niveau depuis avant l’invasion de l’Ukraine.
- Les difficultés économiques et un sentiment croissant de lassitude face à la guerre sont à l’origine de la baisse de la cote de popularité de Poutine.
- Malgré les tentatives du Kremlin pour faire face aux répercussions économiques, les pourparlers de paix sont au point mort et la situation sur le champ de bataille reste largement inchangée.
La confiance du public envers Poutine a atteint son niveau le plus bas depuis avant le début de l’invasion de l’Ukraine. Cette baisse, reflétée dans les données de l’institut de sondage public VTsIOM, coïncide avec des tensions économiques croissantes et un sentiment de lassitude face à la guerre qui s’accentue parmi les Russes.
Évolution de l’opinion publique
Si 75 pour cent des personnes interrogées continuent d’exprimer leur confiance envers Poutine, ce chiffre représente une baisse par rapport aux 76,7 pour cent enregistrés précédemment. De même, l’approbation de son action est tombée à 70,1 pour cent, soit une baisse de 1,9 point par rapport à la semaine précédente. Ces chiffres marquent les niveaux les plus bas observés depuis le 20 février 2022, quelques jours avant que la Russie ne lance son offensive militaire contre l’Ukraine.
Le sondage a également révélé que 20,1 pour cent des personnes interrogées se méfient explicitement de Poutine, tandis que 18,3 pour cent désapprouvent son action. Ces chiffres négatifs sont les plus élevés enregistrés depuis le début du conflit.
Pressions économiques
Réalisé entre le 19 et le 22 mars, ce sondage suggère un changement significatif dans l’opinion publique alors que la guerre entre dans sa cinquième année. Les pressions économiques s’intensifient, et une autre enquête menée par le Centre Levada, un institut indépendant, publiée le 3 mars, a montré que 67 pour cent des personnes interrogées estiment que la Russie devrait poursuivre les négociations de paix.
Andrei Kolesnikov, analyste politique basé à Moscou, attribue la stagnation de la cote de popularité de Poutine à une « lassitude de la population ». Il explique que les gens se concentrent avant tout sur leur survie dans des circonstances difficiles, et que les coupures généralisées d’Internet ont encore contribué au mécontentement de la population.
Mesures budgétaires du Kremlin
Le Kremlin a tenté de remédier à son déficit budgétaire croissant, alimenté par les dépenses de guerre en cours, en augmentant la taxe sur la valeur ajoutée au début de l’année. Cette mesure, associée à des coûts d’emprunt élevés visant à freiner l’inflation, a imposé une pression supplémentaire aux ménages et aux entreprises, ralentissant encore davantage l’économie.
Pendant ce temps, les pourparlers de paix menés sous l’égide des États-Unis sont au point mort, et la situation sur le champ de bataille reste largement inchangée. De vastes portions de la ligne de front sont désormais dominées par la guerre des drones, ce qui rend extrêmement difficile pour les troupes conventionnelles de lancer des offensives et de gagner du terrain.
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