La Chine s’oppose aux projets américains d’acquérir le Groenland 


Principaux renseignements

  • Le président américain Donald Trump cherche à acheter le Groenland pour des raisons stratégiques, compte tenu de la présence de la Russie et de la Chine dans la région.
  • La Chine s’oppose fermement à toute prise de contrôle du Groenland par les États-Unis en raison de ses intérêts commerciaux importants dans l’exploration des ressources et les routes maritimes de l’Arctique.
  • Les deux nations convoitent les richesses minérales du Groenland, soulignant la nécessité d’une collaboration internationale pour faire face à cette situation géopolitique complexe.

La récente suggestion du président américain Donald Trump d’acquérir le Groenland a suscité l’inquiétude à Pékin, en particulier après l’intervention militaire américaine au Venezuela. Trump exprime depuis longtemps son désir de voir les États-Unis contrôler le Groenland, soulignant son importance stratégique pour la sécurité nationale. Il a mis en avant la présence de navires russes et chinois dans la région pour justifier sa position.

La Maison Blanche, par l’intermédiaire de sa porte-parole Karoline Leavitt, a confirmé que Trump considérait l’acquisition du Groenland comme cruciale pour dissuader ses rivaux dans l’Arctique. Elle envisagerait actuellement plusieurs options, y compris le recours à la force militaire.

Intérêts chinois

Les autorités chinoises ont réagi avec vigueur, dénonçant les actions de Washington comme étant motivées par des intérêts personnels et utilisant la « menace chinoise » comme prétexte. La Chine se considère comme un « État proche de l’Arctique » ayant des droits légitimes d’utiliser les ressources et de développer des routes maritimes dans la région arctique.

Des entreprises chinoises liées à l’État ont investi massivement dans des projets énergétiques dans l’Arctique et ont établi des routes maritimes qui réduisent considérablement les temps de transport entre l’Asie et l’Europe.

Les analystes prédisent que Pékin s’opposerait fermement à toute tentative américaine de contrôler le Groenland, invoquant les intérêts commerciaux substantiels de la Chine sur l’île, qui vont de l’exploration des ressources à la sécurisation des routes maritimes arctiques.

Capacités militaires

Le département américain de la Défense identifie la Chine et la Russie comme des concurrents clés dans l’Arctique en raison de leurs capacités militaires accrues et de leurs patrouilles navales conjointes. Wu Xinbo, directeur du Centre d’études américaines de l’université Fudan à Shanghai, suggère que Pékin pourrait réagir en augmentant la pression diplomatique sur Washington et en approfondissant sa coopération militaire avec la Russie dans la région arctique à titre dissuasif.

Importance de la collaboration

Henry Wang, fondateur et président du Centre pour la Chine et la mondialisation, un groupe de réflexion aligné sur les perspectives de Pékin, a mis en garde contre les approches unilatérales, soulignant la nécessité d’une collaboration internationale pour faire face à cette situation complexe.

Les États-Unis et la Chine s’intéressent tous deux aux gisements abondants de terres rares, d’uranium et de zinc du Groenland, essentiels pour les industries de haute technologie. Les vastes ressources minérales du Groenland ont également suscité l’intérêt de l’Union européenne.

Investisseurs chinois

Si les investisseurs chinois ont initialement manifesté leur enthousiasme pour les richesses minérales du Groenland, les incertitudes géopolitiques et le pouvoir du Danemark de bloquer les investissements étrangers pour des raisons de sécurité nationale ont créé des difficultés. Les précédentes tentatives des entreprises chinoises d’acquérir une ancienne base navale danoise et un contrat de construction d’aéroport ont échoué en raison de l’intervention du Danemark.

De plus, les préoccupations environnementales ont conduit à l’arrêt de certains projets soutenus par la Chine au Groenland. Le projet Kvanefjeld, qui devait devenir l’une des plus grandes mines de terres rares et d’uranium au monde, a été interrompu après que le Groenland a rétabli l’interdiction de l’exploitation minière de l’uranium.

Nouvelles routes maritimes

Malgré ces revers, le Groenland a ouvert un bureau de représentation à Pékin en 2023, signe de sa volonté de renforcer ses liens avec la Chine.

La Chine s’intéresse également aux nouvelles routes maritimes qui apparaissent en raison de la fonte des glaces dans l’Arctique, qui offrent des trajets plus courts entre l’Asie et l’Europe. L’initiative « Route de la soie polaire » vise à tirer parti de ces opportunités pour accélérer les échanges commerciaux et accéder à des ressources naturelles inexploitées, remettant ainsi en cause la domination américaine sur les voies maritimes mondiales.

Programme de recherche polaire

La Chine a intensifié ses efforts de recherche dans l’Arctique au fil des ans, en se concentrant sur des domaines tels que la composition de la glace de mer, la météorologie spatiale et la vie marine. Elle a également prévu de construire une station de recherche et une station terrestre pour satellites au Groenland, essentielles pour le système de navigation chinois Beidou, une alternative au système GPS américain.

Ces programmes de recherche polaire ont suscité des inquiétudes en matière de sécurité. Le gouvernement Biden a affirmé que la Chine utilisait ses activités scientifiques à des fins “à double usage”, avec des applications possibles dans les domaines du renseignement ou de la défense. (uv)

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