Principaux renseignements
- Le Panama a révoqué une concession détenue par la Chine pour l’exploitation d’un terminal près du canal de Panama, invoquant des irrégularités.
- La Chine a riposté en immobilisant des navires battant pavillon panaméen dans ses ports.
- Les autorités américaines et la Commission maritime fédérale surveillent la situation afin de détecter d’éventuelles perturbations du transport maritime mondial.
Les tensions s’intensifient entre la Chine et le Panama au sujet de l’exploitation des terminaux de part et d’autre du canal de Panama, d’une importance cruciale. Depuis début mars, près de 70 navires immatriculés au Panama ont été retenus pour inspection dans des ports chinois, selon un rapport du secteur maritime. Cette mesure est considérée par les responsables américains comme une mesure de rétorsion suite à la décision du Panama d’annuler une concession de bail précédemment accordée à une filiale du conglomérat CK Hutchison, basé à Hong Kong.
Le Panama révoque la concession
La Cour suprême du Panama a révoqué la concession en janvier pour cause d’irrégularités. Cette décision a suivi les pressions du président Donald Trump. Celui-ci a exprimé son inquiétude face à l’influence croissante de la Chine dans l’hémisphère occidental, et plus particulièrement dans le canal de Panama, avant de promettre d’agir. Le verdict frappe spécifiquement une filiale du conglomérat hongkongais CK Hutchison qui exploitait les terminaux de Cristóbal et Balboa. Comme Trump veut replacer le canal sous contrôle américain, il force les alliés de la région à rompre leurs liens avec les entreprises d’État chinoises.
La Chine réagit en suspendant ses investissements
La Chine a réagi par une série de mesures s’apparentant à des représailles. Le gouvernement a ainsi ordonné aux entreprises d’État de cesser immédiatement tout nouvel investissement au Panama. Pékin a également convoqué les compagnies maritimes étrangères qui assurent l’exploitation intérimaire des deux ports. Depuis le 8 mars, les autorités portuaires chinoises retiennent déjà près de soixante-dix navires sous pavillon panaméen pour inspection.
Cette flotte se compose principalement de vraquiers et de navires de quinze ans ou plus. Les propriétaires japonais subissent de plein fouet ces conséquences, car ils possèdent trente-neuf pour cent des navires retenus. La Commission maritime fédérale américaine suit désormais la situation de près. Elle prévient que ces actions pourraient gravement perturber les schémas du transport maritime mondial alors que les tensions entre les grandes puissances s’accentuent.
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