Principaux renseignements
- La Belgique figure parmi les pays d’Europe les moins dynamiques en matière d’entrepreneuriat.
- Les jeunes actifs et les cadres sont ceux qui manifestent le plus d’intérêt pour le travail indépendant.
- L’instabilité réglementaire freine les start-ups malgré les taux de survie élevés des entreprises en Belgique.
Des données récentes de SD Worx révèlent que la Belgique affiche l’un des niveaux d’esprit d’entreprise les plus bas d’Europe. Dans une enquête menée auprès de 16 500 salariés dans 16 pays, seuls 14 pour cent des répondants belges ont exprimé un intérêt concret pour la création de leur propre entreprise. Ce chiffre est nettement inférieur à la moyenne européenne de 25 pour cent, ce qui place la Belgique, tout comme l’Allemagne, en bas du classement.
Écart générationnel en matière d’ambition
Les données démographiques jouent un rôle majeur dans ces résultats, en particulier l’âge. L’intérêt atteint son apogée chez les moins de 35 ans, près d’un quart (24 pour cent) d’entre eux envisageant de se mettre à leur compte.
Ce désir diminue fortement à mesure que les travailleurs vieillissent, tombant à 11 pour cent chez les 35-54 ans et à seulement 6 pour cent chez les plus de 55 ans. Les jeunes actifs sont également plus enclins à privilégier le travail indépendant ou à lancer une activité complémentaire par rapport à l’ensemble de la population active.
Statut professionnel
Le statut professionnel et la taille de l’entreprise influencent également ces ambitions. Les personnes occupant des postes de direction sont deux fois plus susceptibles d’envisager de créer une entreprise (23 pour cent) que celles n’ayant pas de fonctions de direction (10 pour cent). De plus, les salariés des petites entreprises (moins de 250 personnes) manifestent davantage d’intérêt pour l’entrepreneuriat (17 pour cent) que ceux des grandes entreprises comptant 2 500 salariés ou plus (6 pour cent).
Des différences entre les sexes ont également été observées : 17 pour cent des hommes envisagent de se lancer dans une aventure entrepreneuriale, contre 10 pour cent des femmes.
Comparaisons européennes
Le contraste avec d’autres pays européens est frappant. Alors que la Belgique et l’Espagne peinent face à des indicateurs faibles, les pays d’Europe de l’Est comme la Roumanie font preuve d’une immense ambition : 45 pour cent des travailleurs envisagent de créer leur propre entreprise et plus de la moitié préfèrent le travail indépendant.
Obstacles réglementaires
Selon Elke Schreurs, de SD Worx, ce manque d’ambition en Belgique pourrait être lié à un environnement réglementaire instable. Elle suggère que les changements fréquents et les incertitudes concernant la fiscalité, les dividendes et les avantages sociaux compliquent la planification à long terme pour les entrepreneurs potentiels.
Taux de survie
Si Eurostat confirme que la Belgique affiche l’un des taux de création d’entreprises les plus bas d’Europe, il y a toutefois une lueur d’espoir : les créations d’entreprises sont plus fréquentes que les fermetures, et le taux de survie à deux ans des start-ups belges figure parmi les plus élevés du continent, atteignant 82 pour cent.
(at)
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