Principaux renseignements
- La Belgique cherche à louer des places de prison à l’étranger pour faire face à la grave surpopulation carcérale dans ses propres établissements.
- Le gouvernement belge donne la priorité au rapatriement des immigrants illégaux qui commettent des crimes, mais envisagera la détention à l’étranger lorsque le rapatriement est impossible.
- L’Estonie apparaît comme un partenaire potentiel dans cette initiative.
Les ministres belges de la Justice et de l’Asile, Annelies Verlinden et Anneleen Van Bossuyt, effectuent une mission diplomatique de deux jours en Estonie. À la suite de discussions préliminaires avec le Kosovo et l’Albanie, elles souhaitent explorer la possibilité de louer des places dans des prisons pour les délinquants illégaux.
Le système pénitentiaire belge est confronté à une surpopulation persistante, ce qui pèse lourdement sur son fonctionnement. Environ un tiers des détenus n’ont pas de statut de résident légal en Belgique. Pour remédier à ce problème urgent, le gouvernement fédéral recherche activement des solutions complémentaires et durables qui garantissent à la fois la sécurité de la société et l’État de droit.
Capacités carcérales externes
L’une des solutions envisagées consiste à utiliser des établissements pénitentiaires à l’étranger pour les personnes qui ont commis des crimes alors qu’elles résidaient illégalement en Belgique. Le ministre Van Bossuyt souligne que ceux qui enfreignent la loi alors qu’ils vivent illégalement dans le pays n’ont aucun avenir dans celui-ci.
Le rapatriement vers leur pays d’origine reste l’objectif principal. Toutefois, lorsque le rapatriement n’est pas possible, la détention en dehors de la Belgique sera envisagée. Selon Mme Van Bossuyt, cette approche permet non seulement de renforcer la sécurité publique, mais aussi d’alléger la pression qui pèse sur le système pénitentiaire belge, déjà surchargé. Elle souligne également l’effet dissuasif que pourrait avoir une telle initiative.
Focus sur l’Estonie
Après des visites exploratoires au Kosovo et en Albanie, les ministres concentrent désormais leur attention sur l’Estonie. Le Cedoca, le bureau d’études du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGSV), a mené une étude afin d’identifier les pays européens adaptés à l’accueil de détenus étrangers. L’Estonie est apparue comme un candidat sérieux en raison de son statut de démocratie solide et de son engagement en faveur des droits de l’homme.
Le programme comprend des réunions avec la ministre estonienne de la Justice et de la Numérisation, Liisa-Ly Pakosta, et une visite d’une prison à Tallinn. L’Estonie est reconnue internationalement pour ses systèmes judiciaires et pénitentiaires hautement numérisés et a déjà établi une collaboration similaire avec la Suède.
La surpopulation continue de s’aggraver
Le problème de la surpopulation dans les prisons belges s’aggrave à nouveau. Les derniers chiffres indiquent que 585 détenus dorment actuellement à même le sol, soit une augmentation de 55 personnes par rapport au dernier décompte effectué fin janvier. Au total, on constate une augmentation nette de 40 prisonniers depuis le 26 janvier.
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