Les détails. La présidence belge de l’UE a abouti à un accord crucial sur un nouvel ensemble de règles budgétaires. Cependant, cela annonce également un parcours tumultueux pour la Belgique elle-même dans les années à venir.
- Les « Lignes directrices de Gand », c’est ainsi que le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (cd&v) a baptisé les nouvelles règles budgétaires européennes, faisant suite aux dites ‘normes de Maastricht’. Les négociations finales se sont déroulées à Gand, pratiquement la base de Van Peteghem, qui a mené les négociations.
- « Accord ! Après des années de négociations, enfin un accord sur les nouvelles règles budgétaires européennes », a tweeté Van Peteghem lui-même, après 16 heures de négociations avec une délégation du Parlement européen. Sa revendication ‘historique’ n’était pas sans raison : l’UE travaillait en effet depuis longtemps sur cet accord. Reste à savoir si Van Peteghem parviendra à hisser ‘Gand’ au même niveau que Maastricht à l’époque : la presse européenne ne l’a pas encore adopté sous cette forme.
- Un mois après, la présidence belge de l’UE semble fonctionner, un aspect sur lequel les hauts fonctionnaires européens comptaient également, les Belges étant vus comme des ‘faiseurs d’accords’. Car la semaine dernière, un accord a également été conclu avec succès sur le pacte européen sur la migration. La pression du temps aide également : à quelques mois des élections européennes, tout le monde réalise que c’est maintenant ou jamais, lors de cette législature.
- Mais pour Van Peteghem, et dans le cas du pacte sur la migration de Nicole de Moor (cd&v), la secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, c’est un beau résultat de pouvoir finaliser un tel accord final, après souvent des négociations très techniques : soudain, on joue temporairement au plus haut niveau politique de l’UE.
Ce que cela signifie. Une tâche ardue pour les gouvernements fédéraux à venir dans les années à suivre.
- Des acclamations pour l’accord ce week-end, mais les conséquences sont énormes, surtout pour la Belgique. « Un accord équilibré », a déclaré Van Peteghem lui-même.
- Car il y a en effet plus d’espace de la part de la Commission pour ne pas compter les investissements dans chaque calcul d’un déficit d’un État membre, s’ils concernent la verdurisation, la numérisation ou la défense.
- Chaque État membre doit désormais également élaborer un plan pluriannuel, sur quatre ans, pour cartographier ces investissements.
- Mais en même temps, les règles sont plus strictes en matière de déficits. La norme de 60 pour cent de dette publique par rapport au PIB reste en vigueur : les pays doivent vraiment viser à rester en dessous.
- Et surtout : la norme de déficit maximal de 3 pour cent reste en vigueur. Elle devient même un peu plus stricte : à terme, elle est fixée à 1,5 pour cent de déficit. Ceux qui ne respectent pas cette règle doivent économiser chaque année 0,5 pour cent ou plus. Obligatoirement.
- La Belgique a bouclé un budget 2023 avec un déficit de 4,9 pour cent, le deuxième pire de toute l’Europe. Et avec une dette publique de plus de 105 pour cent, elle dépasse largement le maximum de 60 pour cent requis. Il faut donc ajuster considérablement dans les années à venir.
- Cela signifie que la Belgique fait partie des pays qui devront désormais économiser 0,65 pour cent du PIB chaque année : près de 4 milliards annuellement.
- La question est de savoir qui va payer : la seule entité disposant encore d’une marge budgétaire est la Flandre. Bruxelles et la Wallonie sont à bout de souffle, et au niveau fédéral, la sécurité sociale consomme tellement qu’il reste peu ou pas de marge.
- S’ajoute à cela la nécessité de dépenses supplémentaires au niveau fédéral : le vieillissement coûte très cher, si l’on veut maintenir les régimes de retraite actuels. Et aussi pour la défense, compte tenu du climat géopolitique (ceux qui ont entendu Donald Trump ce week-end, exhortant les pays européens à payer « leur juste part », comprennent), un effort énorme sera nécessaire.