JP Morgan prévient: « Le cyber est l’arme la plus dangereuse au monde »

Le conseil international de JP Morgan, qui compte autant de grands investisseurs que d’anciennes personnalités politiques, publie un rapport dans lequel il place la cybersécurité comme enjeu numéro un pour les entreprises et pour l’économie américaine. Le nombre de cyberattaques, crapuleuses ou organisées par un État, est en très forte hausse. Et le secteur économique comme l’administration Biden appellent à la prudence.

Le Conseil international de JP Morgan a exhorté ce jeudi les secteurs public et privé à intensifier leurs efforts en matière de cybersécurité afin de lutter contre une menace de plus en plus dangereuse pour l’économie et la sécurité nationale, signale CNN. Le conseil de la holding financière, qui comprend le PDG de JP Morgan (JPM) Jamie Dimon, le PDG de Johnson & Johnson (JNJ) Alex Gorsky et l’ancienne secrétaire d’État sous administration Bush Condoleezza Rice, a appelé à une plus grande collaboration entre le gouvernement et les entreprises, à un partage accru des renseignements et à une législation plus stricte en matière de cybersécurité.

« Le cyberespace est l’arme la plus dangereuse au monde – politiquement, économiquement et militairement », a déclaré dans le rapport que dévoile CNN l’ancien secrétaire à la défense Bob Gates, vice-président du Conseil international de JP Morgan.

Des attaques plus nombreuses et mieux organisées

Ce document appuie sa thèse sur différents cas de piratage informatique de grande ampleur qui ont été menés ces dernières années, comme l’attaque de type ransomware contre Colonial Pipeline, l’un des éléments les plus vitaux de l’infrastructure énergétique américaine. Ou encore, en 2020, quand des pirates russes ont hacké des agences fédérales américaines dans une attaque qui a compromis pas moins de 14 entreprises technologiques. « Les cyberattaques en 2021 ont augmenté en nombre et en sophistication, démontrant que tant les acteurs étatiques disposant de vastes ressources que les groupes criminels ont la capacité de menacer les infrastructures critiques et, en fin de compte, la sécurité nationale », écrit le Conseil international de JP Morgan.

Ce texte répond aussi à une récente lettre ouverte de l’administration d’État américaine aux entreprises nationales, publiée ce jeudi, et qui appelle à la prudence face aux pirates informatiques qui, selon Joe Biden, « malheureusement, ne prennent pas de vacances – et ils peuvent ruiner les nôtres si nous ne sommes pas préparés et protégés. » Le Conseil international enjoint ainsi l’État à assurer davantage son rôle judiciaire dans le domaine, en renforçant son arsenal législatif à l’encontre des délits numériques et à trainer rapidement en justice les contrevenants.

À l’État de faire son boulot judiciaire

Le conseil a fait aussi valoir qu’il considérait comme crucial que les gouvernements ne cachent pas ce qu’ils savent sur les cyberincidents et les menaces qui planent sur les réseaux: « Certains chefs d’entreprise ont l’impression que le gouvernement ne partage pas autant d’informations qu’il le pourrait, ce qui sape la confiance et décourage les entreprises de partager des informations en nature », indique le rapport.

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