Principaux renseignements
- L’Iran refuse l’accès de l’AIEA à ses sites nucléaires tant que les engins non explosés provenant des frappes aériennes américaines n’auront pas été retirés et que des protocoles de sécurité n’auront pas été mis en place.
- L’absence de réglementation internationale pour l’inspection des sites nucléaires bombardés met en évidence une lacune critique dans les mécanismes de contrôle.
- La situation aggrave encore la méfiance entre l’Iran et les États-Unis, soulignant la complexité des négociations en cours.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que les munitions non explosées provenant des frappes aériennes américaines de l’année dernière continuent de représenter un risque important pour la sécurité des installations nucléaires iraniennes. En conséquence, l’Iran a refusé l’accès aux inspecteurs internationaux jusqu’à ce qu’un accord de sécurité complet soit mis en place.
Préoccupations en matière de sécurité
Araghchi a abordé directement la question avec le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, en s’enquérant de l’existence de réglementations concernant les inspections des sites nucléaires bombardés. Grossi a reconnu l’absence de tels protocoles, soulignant une lacune critique dans les mécanismes de contrôle internationaux.
Araghchi a souligné la nécessité d’un accord contraignant pour résoudre les « problèmes de sécurité existants » avant d’autoriser la reprise des inspections. Ces problèmes comprennent la présence de bombes non explosées et d’autres questions de sécurité qui doivent être résolues par la voie de négociations.
Origines des munitions non explosées
Les munitions non explosées proviennent d’un conflit de 12 jours qui a eu lieu en juin dernier, déclenché par Israël avec le soutien des États-Unis. Les attaques ont visé des sites militaires et nucléaires, ainsi que des installations civiles, faisant des victimes parmi les commandants et les scientifiques iraniens. En représailles, l’Iran a lancé des missiles et des drones contre des sites militaires et des centres de renseignement israéliens.
Au cours du conflit, les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires iraniens avant de déclarer un cessez-le-feu. Les efforts de nettoyage de ces sites ont été incomplets, voire inexistants, laissant derrière eux des vestiges dangereux des hostilités. Cette situation exacerbe encore les tensions liées à la récente position agressive de l’administration Trump envers l’Iran.
Méfiance croissante
La découverte de munitions non explosées renforce la profonde méfiance de l’Iran envers les États-Unis. Araghchi a exprimé son scepticisme quant aux négociations en cours, déclarant que leur issue restait incertaine. Il a souligné les échecs passés des États-Unis et mis en garde contre une éventuelle tromperie, soulignant l’importance pour toutes les institutions iraniennes de rester vigilantes, quelle que soit l’issue des négociations.
Malgré cette profonde méfiance, les pourparlers entre Téhéran et Washington ont repris vendredi dernier à Mascate, en Oman, après une période de tensions accrues déclenchée par le récent renforcement militaire américain dans le golfe Persique.
Au-delà des préoccupations immédiates en matière de sécurité
Au-delà des préoccupations immédiates en matière de sécurité, la présence de munitions non explosées soulève des questions plus larges en matière de sécurité. Les munitions pénétrantes récupérées pourraient être examinées à des fins d’évaluation technique, mais leur manipulation en toute sécurité nécessiterait la désactivation complète de leur contenu explosif.
Un tel examen pourrait fournir des informations sur la conception des armes et les mécanismes de pénétration, mais n’impliquerait pas leur réutilisation en raison de la complexité liée à la reproduction de systèmes aussi avancés.
Bien que l’Iran n’ait exprimé aucune intention de reproduire ces armes, une analyse technique, si elle est réalisable, pourrait permettre d’apporter des ajustements défensifs visant à renforcer la résilience des installations souterraines contre des attaques similaires.
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