Le stratège d’ING sur les prochains mois boursiers : « Investir de manière défensive »

Steven Vandepitte, stratège boursier d’ING, conseille aux investisseurs, dans les perspectives de fin d’année, de continuer à penser de manière défensive.

Pourquoi est-ce important ?

La bourse de Bruxelles a perdu 15% cette année alors que l'inflation est élevée et que les banques centrales augmentent les taux d'intérêt à une vitesse record. Les investisseurs sont confrontés à un dilemme : se retirer des actions ou espérer un redressement rapide ?

Le sentiment actuel : malgré quelques rebonds, rien ne laisse présager le début d’un nouveau « marché haussier » (une hausse des cours boursiers ndlr).

  • « L’histoire nous enseigne que les reprises dans un marché en baisse peuvent être de courte durée et donner la fausse impression d’un retournement plus large », déclare Steven Vandepitte, stratégiste chez ING Belgique.
  • Il ajoute : « Bien que les valorisations des actions aient déjà considérablement reculé, elles ne sont pas encore des aubaines, d’autant que les estimations de bénéfices pour 2023 continuent de baisser. »
Steven Vandepitte – photo ING

Le nouvel environnement : une croissance faible et des taux d’intérêt élevés. L’inflation galopante a contraint les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt à une vitesse record, tout en sachant que cela freinerait la croissance économique.

  • Steven Vandepitte estime que « les investisseurs en actions – qui se sont habitués à des taux d’intérêt bas – ne sont pas encore en phase avec les nouvelles conditions de taux d’intérêt et de croissance économique. »
  • Mais il y a aussi des nouvelles positives. « Au cours de l’année prochaine, les craintes de récession céderont la place aux opportunités offertes par la reprise économique. Les investisseurs peuvent donc aborder 2023 avec un peu plus de sérénité que 2022. »

Dans quelles actions investir ? Vandepitte maintient une préférence pour les valeurs défensives :

  • Les actions présentant une faible volatilité et des rendements en dividendes élevés, telles que les sociétés de soins de santé.
  • Les actions dites « de valeur », telles que l’énergie et les valeurs financières.
  • Les actions américaines plutôt qu’européennes.
  • Les secteurs des matières premières et de l’énergie, qui conservent une bonne protection contre l’inflation et la géopolitique.

Les obligations font un retour en force. Comme d’autres experts boursiers, Steven Vandepitte s’attend à un retour en grâce des obligations, qui ont été massivement délaissées dans l’environnement de taux d’intérêt plus bas. Le slogan TINA – There Is No Alternative ou « Il n’y a pas d’alternative aux actions » – pourrait être en veille pour un moment. 

  • « Il n’y a plus de mentalité TINA, qui était si dominante sur les marchés financiers ces dernières années et qui favorisait invariablement les actions par rapport aux obligations », souligne-t-il.
  • Aujourd’hui, les rendements obligataires sont beaucoup plus attractifs, tant en termes absolus par rapport au rendement du dividende des actions », ajoute le stratège d’ING.
  • Mais là encore, Steven Vandepitte recommande de miser sur la sécurité et d’opter pour des obligations de qualité aux rendements légèrement inférieurs plutôt que pour des obligations risquées aux rendements élevés. Les taux d’intérêt des obligations mondiales de qualité (investment grade) sont proches de 3,5% aujourd’hui.

RVW

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